Iran : des opposants au régime manifestent à Téhéran, malgré les mises en garde du gouvernement

Une manifestante lève le poing devant l\'université de Téhéran (Iran), le 30 décembre 2017, au troisième jour d\'une mobilisation contre les difficultés économiques et le régime.
Une manifestante lève le poing devant l'université de Téhéran (Iran), le 30 décembre 2017, au troisième jour d'une mobilisation contre les difficultés économiques et le régime. (AFP)

Les manifestants se mobilisent, au troisième jour d'un mouvement de protestation contre les difficultés économiques et le régime.

Le mouvement de contestation contre les difficultés économiques et le régime se poursuit en Iran. La police a dispersé avec des gaz lacrymogènes, samedi 30 décembre, des jeunes protestant contre le pouvoir à Téhéran, après des manifestations dans le reste du pays jeudi et vendredi. C’est la première fois depuis 2009 qu'autant de villes sont ainsi touchées. Un mouvement de contestation contre la réélection de l'ex-président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad avait alors été violemment réprimé.

"Mort au dictateur"

A la mi-journée samedi, des dizaines d'étudiants opposés au régime se sont rassemblés devant l'entrée principale de l’université de Téhéran, avant d’être dispersés. Des centaines d'étudiants prorégime ont pris ensuite le contrôle du lieu, selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux. Mais en fin d'après-midi, des centaines de personnes ont manifesté ailleurs dans le quartier, scandant des slogans hostiles au pouvoir, avant d'être à leur tour dispersées par la police antiémeutes largement déployée. Plus tôt dans la journée, le ministre de l'Intérieur Abdolreza Rahmani Fazli avait demandé à la population de ne pas participer aux "rassemblements illégaux".

L'agence Mehr, proche des conservateurs, a mis en ligne sur la messagerie cryptée Telegram, suivie par près de 25 millions d'Iraniens, des vidéos montrant des manifestants en train d'attaquer la mairie du deuxième arrondissement à Téhéran et de renverser une voiture de police. D’autres vidéos diffusées sur Telegram par des chaînes basées à l'étranger et liées à l'opposition montrent des milliers de manifestants criant notamment "mort au dictateur", présentant ces protestations comme ayant eu lieu notamment dans les villes de Khorramabad, Zanjan ou Ahvaz, dans l'ouest du pays. 

Une situation économique délicate

La mobilisation a débuté jeudi, avec une manifestation de centaines de personnes à Machhad, dans le nord-est de l'Iran, ainsi que dans d'autres villes contre la hausse des prix, le chômage et le gouvernement du président Hassan Rohani. La promesse de relancer l'économie a été au cœur des campagnes présidentielles du religieux modéré, réélu en mai pour un deuxième mandat. S'il a pu parvenir à la levée de certaines sanctions économiques après l'accord international sur le nucléaire iranien de 2015 et qu'il a réussi à maîtriser l'inflation à environ 10%, le taux de chômage demeure élevé dans le pays (12%), selon des chiffres officiels.