Intervention en Syrie : une "aventure solitaire" de la France serait exclue

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Alors que la pression s'accentue sur François Hollande pour qu'il accepte un vote du Parlement lors du débat prévu mercredi, la France se retrouve isolée. Barack Obama qui a demandé "l'autorisation" du Congrès américain avant d'agir n'est pas sûr de l'obtenir. Mais une "aventure solitaire serait exclue".

Ce lundi après-midi, Jean-Marc Ayrault
va recevoir les présidents du Sénat, de l'Assemblée et des groupes et
commissions des deux chambres.  Il a essayé de déminer le terrain avant la session extraordinaire de mercredi.

Le Premier ministre a ainsi pris la peine d'appeler
lui-même les présidents de groupe de l'Assemblée et du Sénat pour les inviter à
cette réunion sur la Syrie. Ils vont préparer la session extraordinaire de
mercredi. Une réunion menacée par une nouvelle polémique.

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se rebellent

Le Premier ministre veut donner aux élus toutes les informations
qu'il détient sur l'utilisation par le régime de Bachar al-Assad d'armes chimiques contre la
population. "Il ne s'agit de rien d'autre " affirme Matignon, ce qui
n'empêchera pas l'opposition de revenir à la charge pour qu'un vote soit
organisé avant une intervention de la France. C'est ce qu'a fait le britannique
David Cameron, la Chambre des communes a dit NO et c'est ce que va faire
Barak Obama le 9 septembre.

 Mais "il n'y a pas de contagion
constitutionnelle
" avance le porte-parole diplomatique du chef de l'Etat.
En France, la loi ne prévoit pas de vote préalable du parlement et l'Elysée
s'en tient pour l'instant à cette ligne.

Et si le Congrès américain votait non?

Après le refus des Britanniques, Barack Obama a pris un risque en se
tournant vers un Congrès qui lui est hostile
. Si l'accord du Sénat, où les
démocrates sont majoritaires, est jugé probable, rien n'est joué à la Chambre des représentants où le Parti républicain est majoritaire.  "Je pense que le
Congrès finira par se montrer à la hauteur. 
C'est une question de sécurité nationale, ce n'est pas Barack Obama
contre le Congrès
" estime Mike Rogers, le républicain qui préside la commission
du Renseignement de la Chambre des représentants". "Si le Congrès est juste, il
soutiendra le président
", espérait le représentant démocrate Eliot Engel,
mais "on ne peut pas empêcher les élus de se lancer dans un combat
politique pour essayer de le faire tomber ou de l'affaiblir".

Et dans ce cas que ferait la France?

L'entourage de François Hollande reconnaît
qu'il faudra attendre la décision du congrès américain, "ça ne sera pas
une aventure solitaire de la France
" annonce un proche du président qui
justifie dans la foulée cet attentisme : "François Hollande ne s'est jamais
engagé sur une date ou un calendrier."

Que restera-t-il alors des discours guerriers et moraux et des lignes rouges qu'il fallait ne pas franchir?

 

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