Une croissance à plus de 7%: le pied de nez de l'Inde à la Chine

Des ouvriers s\'activent sur le chantier d\'un autopont dans les faubourgs d\'Ahmedabad, Etat du Gujarat (nord-ouest de l\'Inde).
Des ouvriers s'activent sur le chantier d'un autopont dans les faubourgs d'Ahmedabad, Etat du Gujarat (nord-ouest de l'Inde). (Amit DAVE / REUTERS)

Un rapport gouvernemental confirme que la croissance indienne sera supérieure à 7% pendant le prochain exercice annuel et, à long terme, elle est susceptible d'atteindre des taux à deux chiffres, malgré un contexte économique mondial morose. Cette prévision relativement optimiste contraste avec l'essoufflement de l'économie chinoise et l'entrée en récession de plusieurs autres marchés émergents.


New Delhi a fait savoir qu'il s'attendait à un taux de 7,6% pour l'exercice 2015/16, ce qui place l'Inde en tête des pays à forte croissance. Le Fonds monétaire international (FMI) a l'air d'abonder dans le sens des autorités indiennes puisqu'il annonce aussi une perspective de croissance à 7,5% pour 2016 contre 6,3 pour la Chine.

Des prévisions encourageantes même si elles sont inférieures aux perspectives contenues l'année dernière à la même époque dans l'Economic Survey du ministère indien des Finances, qui tablait alors sur une fourchette de 8,1 à 8,5% pour l'exercice qui s'achève.

Mais ce décalage ne déçoit pas le pouvoir. «Bien que les économies de marché émergentes aient de toute évidence ralenti, l'économie indienne se distingue comme un havre de stabilité macroéconomique, de résilience et d'optimisme», a déclaré, un brin idéaliste, le ministère des Finances dans un communiqué.

L'un des principaux moteurs de croissance reste le secteur des services, qui a pris plus de 9% au cours de l'exercice 2015/16. Le secteur manufacturier reste derrière, malgré les efforts entrepris pour le renforcer.

Les défis restent importants pour New Delhi
Depuis son arrivée au pouvoir en mai 2014, le Premier ministre nationaliste hindou Narendra Modi a fait de la croissance économique une priorité pour sortir des millions de gens de la pauvreté. Malgré tout, les investisseurs s'interrogent sur sa capacité à mettre en oeuvre les réformes nécessaires pour fournir un emploi aux plus de 10 millions de nouveaux actifs arrivant chaque année sur le marché du travail.

Pour stimuler les investissements, l'Inde sait qu'elle est attendue avec des mesures concrètes comme, par exemple, la refonte du système de l'impôt.

Bien que le rythme de la croissance ait récemment dépassé celui de la Chine, la troisième économie d'Asie, derrière Pékin et Tokyo, fait face à bien des défis. L'inflation a recommencé à grimper, les prix augmentant de 5,7% en janvier. Le principal indice boursier a perdu un cinquième de sa valeur au cours de l'année écoulée, les investissements privés sont à des niveaux faibles, tout comme la roupie.

A surveiller également, les difficultés du secteur bancaire indien et le haut niveau de la dette des entreprises.
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