Un bouton SOS sur les téléphones: l’Inde poursuit sa lutte contre le viol

Une femme prie durant la commémoration de Holi en Inde.
Une femme prie durant la commémoration de Holi en Inde. (AFP)

Non, l’Inde n’est pas le pays du viol! Pourtant, le pays s’est forgé une sinistre réputation, en raison sans doute d’épisodes particulièrement odieux. Pour protéger les femmes, après un durcissement de la loi, les autorités ont désormais décidé d’imposer un bouton SOS sur les téléphones portables vendus dans le pays.


On se souvient de l’affaire Jyoti Singh Pandey, violée puis assassinée dans un bus à New Delhi alors qu’elle voyageait avec son fiancé. C’était en décembre 2012, et l’indignation qu’avait provoquée cette affaire a parcouru le monde entier. D’autres crimes de viols tout aussi odieux se sont succédé, laissant penser que le sous-continent était champion du monde dans ce domaine.
 
Or, les chiffres sont têtus. Contrairement aux idées reçues, la France connaît plus de viols que l’Inde. Il y a 75.000 viols en France chaque année (84.000 si on ajoute les tentatives de viol), soit plus du double qu’en Inde.
En effet, selon les chiffres officiels, 32.000 viols ont été enregistrés en 2015 en Inde. Un chiffre bien en dessous de la réalité selon les défenseurs des droits des femmes, mais on dit la même chose pour la France.
 
Comment expliquer alors que cette image colle au pays ?
La presse occidentale a sauté sur ces faits divers tragiques (lien payant). Mais la mort de Jyoti Singh Pandey a aussi précipité des milliers de manifestants dans les rues de la capitale indienne. Les militantes pour les droits des femmes ont, comme jamais, obtenu une tribune mondiale.

Un pouvoir actif 
De plus, le pouvoir n’est pas resté inactif. En mars 2013, l’Inde a voté une nouvelle loi pour durcir les sanctions pénales. Un violeur encourt désormais une peine d'au moins 20 ans de prison et cela peut aller jusqu'à la perpétuité, voire la peine capitale en cas de récidive ou si la victime décède.
Encouragées par tous ces mouvements de l’opinion, les victimes ont alors plus volontiers porté plainte. En 2013 à Delhi, le nombre de viols dénoncé a doublé (806 plaintes en 6 mois).
 
Tout cela a sans doute renforcé le sentiment que le viol était le problème de société numéro un en Inde. Un viol dans un taxi a même conduit à l’interdiction du service Uber à New Delhi en 2014. En réponse, la société américaine avait annoncé qu’elle équiperait son système d’un bouton d’alerte.
 
Cette fois, comme l’a annoncé le ministère des Télécommunications, c’est sur le téléphone portable lui-même que le bouton sera installé. Il n’y aura pas besoin de composer un numéro pour lancer l’alerte. Tous les modèles en vente devront être équipés en 2017. L’Inde est le second marché au monde avec un milliard d’abonnés. A priori, le téléphone est un excellent moyen pour donner l’alerte en cas d’agression.
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