Tensions au Cachemire : le Pakistan remet à l'Inde un pilote capturé mercredi

Une vidéo sur un téléphone portable montrant Abhinandan Varthaman, le pilote indien capturé par des militaires pakistanais, le 1er mars 2019. 
Une vidéo sur un téléphone portable montrant Abhinandan Varthaman, le pilote indien capturé par des militaires pakistanais, le 1er mars 2019.  (AAMIR QURESHI / AFP)

Des avions de chasse des deux pays se sont affrontés cette semaine, pour la première fois depuis des décennies. Ils ont procédé à des incursions en territoire adverse, suscitant l'inquiétude de la communauté internationale.

Un "geste de paix", visant à apaiser de vives tensions. Le Pakistan a remis à l'Inde, vendredi 1er mars, un pilote capturé mercredi dans la région du Cachemire. L'initiative vise à mettre fin à l'une des plus graves crises de ces dernières années entre les Etats voisins, tous deux puissances nucléaires.

Vendredi, le lieutenant-colonel Abhinandan Varthaman, vêtu en civil, a traversé à pied le poste-frontière de Wagah, avec ce qui ressemblait à un oeil au beurre noir. Accompagné d'une femme et de plusieurs militaires armés, il s'est arrêté quelques instants le temps que la haute grille séparant les deux pays s'ouvre devant lui. Une fois passé en territoire indien, il a serré la main d'un militaire, tandis qu'un autre lui a donné une accolade. Des milliers de personnes avaient attendu toute la journée côté indien, agitant des drapeaux et chantant des slogans pour accueillir celui qui est devenu un héros dans son pays. 

Le ministère pakistanais des affaires étrangères a souligné que sa libération "avait pour objectif de faire baisser les tensions croissantes avec l'Inde". Son arrivée a été saluée par le Premier ministre indien, Narendra Modi, sur Twitter. "Bienvenue à la maison, lieutenant-colonel Abhinandan ! La nation est fière de votre courage exemplaire", a écrit le dirigeant sur le réseau social.

D'intenses tirs d'obus signalés au Cachemire

Cette semaine, pour la première fois depuis des décennies, des avions de chasse des deux pays se sont affrontés et ont procédé à des incursions en territoire adverse, suscitant l'inquiétude de la communauté internationale. New Delhi accuse de longue date le Pakistan de soutenir les infiltrations et la lutte armée dans la partie du Cachemire sous contrôle indien. Cette rébellion a durement frappé l'Inde le 14 février, lorsqu'un attentat suicide a tué au moins 40 paramilitaires. Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière depuis le début de l'insurrection séparatiste en 1989.

L'armée indienne a répliqué mardi en menant une "frappe préventive" en territoire pakistanais, contre ce qu'elle a présenté comme un camp d'entraînement du mouvement islamiste Jaish-e-Mohammed (JeM), qui avait revendiqué l'attentat. Dans les affrontements aériens qui ont suivi le lendemain, l'armée pakistanaise a affirmé avoir abattu deux avions indiens et capturé Abhinandan Varthaman

Les appels à la retenue se sont multipliés de toutes parts. Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, s'est félicité vendredi de "l'apaisement des tensions entre l'Inde et le Pakistan et de la libération du pilote". La Chine a également salué ce "geste de bonne volonté"

Mais vendredi, la violence s'est poursuivie au Cachemire, région que les deux pays se disputent depuis leur indépendance en 1947. L'Inde et le Pakistan revendiquent tous deux cette zone montagneuse à majorité musulmane, déjà à l'origine de deux guerres. D'intenses tirs d'obus y ont été signalés des deux côtés de la ligne de démarcation, selon des responsables locaux. Onze personnes ont été tuées vendredi dans la seule partie indienne du Cachemire. Quatre civils avaient été tués plus tôt dans la semaine côté pakistanais, et des milliers d'autres ont lui leurs villages, d'après les autorités locales. 

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