L’Inde ratifie l’accord sur le climat et ouvre la voie à son entrée en vigueur

Le Premier ministre indien Narendra Modi célèbre le 147e anniversaire du Mahatma Ghandi et annonce la ratification de l\'accord de Paris sur le climat, le 2 octobre 2016.
Le Premier ministre indien Narendra Modi célèbre le 147e anniversaire du Mahatma Ghandi et annonce la ratification de l'accord de Paris sur le climat, le 2 octobre 2016. (afp/Prakash Singh)

Un mois après la Chine et les Etats-Unis, l’Inde a ratifié l’accord de Paris sur le climat (COP 21). Un pas décisif vers son entrée en vigueur avant la fin de l'année et tenter de contenir la hausse de la température de la planète «nettement en dessous de 2°C». L’Inde est le 3e émetteur de gaz à effet de serre.


Le Premier ministre Narendra Modi a choisi «la date du 2 octobre, jour anniversaire de la naissance du Mahatma Ghandhi» pour ratifier l’accord de Paris sur le climat.
La signature du géant indien, qui vient s’ajouter à celle d’une soixantaine de pays, va permettre de franchir le seuil des 55 pays représentant au moins 55% des émissions de gaz à effet de serre, chiffres requis pour l’entrée en vigueur de l’accord.

Rattraper son retard
Avec 1,2 milliard d’habitants, le géant Indien représentait en 2015 un peu plus de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, loin derrière la Chine (20%) et les Etats-Unis (18%).
Si un Indien émet aujourd’hui dix fois moins de carbone qu’un Américain, quatre fois moins qu’un Chinois, c’est uniquement dû au fait qu’un quart de la population n’est toujours pas raccordé au réseau électrique.
 
Doubler la production électrique
La priorité de New Delhi est donc de développer ses ressources énergétiques: la production électrique devrait doubler dans les vingt ans à venir, selon l’Agence internationale de l’énergie. «La demande indienne va constituer le quart de la hausse de la consommation mondiale d’énergie d’ici 2040», affirme l’AIE.

L’administration indienne à longtemps été réticente, craignant que la lutte contre le réchauffement climatique ne pénalise sa priorité politique: sortir des centaines millions d'habitants de la pauvreté.

L’économie indienne dépend toujours des très polluantes centrales au charbon, qui représentent 62% de sa production d'électricité.
Mais l’Inde a connu ces dernières années une alternance de graves sécheresses et d’inondations (décembre 2015) qui ont fait prendre conscience de l’importance de l’enjeu climatique.
Un enfant réfugié sur un bidon pour échapper à une inondation dans le sud de l\'Inde.
Un enfant réfugié sur un bidon pour échapper à une inondation dans le sud de l'Inde. (reuters/ Babu babu)

Accompagner la forte croissance économique 
L’Inde, qui tourne depuis plusieurs années au rythme moyen de 7% de croissance, s’est fixé pour objectif de réduire de 33 à 35% ses émissions de carbone pour chaque point de PIB créé.

Narendra Modi a placé haut la barre, souhaitant que les énergies non fossiles (solaire, éolien et nucléaire) représentent près de 40% de la production d’électricité en 2030. Il sera difficile de pousser les feux de l’énergie nucléaire, sachant que chaque projet se heurte à une forte opposition de la population.

Priorité au solaire
Les autorités prévoient de porter à 100 GW ses capacités photovoltaïques d’ici 2022, soit l’équivalent de 10 réacteurs nucléaires. Un plan qui nécessitera au moins 85 milliards d’euros d’investissements. Mais les besoins énergétiques sont tels que, pour les satisfaire, New Delhi ne pourra se passer du charbon, celui-ci reste et restera la première source d'énergie au cours des dix prochaines années.
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