Inde: radiographie d'une élection au Pendjab

Jalandhar, le 20 janvier 2017: un commerçant indien installe des représentations en carton des dirigeants politiques. De gauche à droite, le Premier ministre Narendra Modi (BJP), Sukhbir Singh Badal (Shiromani Akali Dal), Arvind Kejriwal (Aam Admi), Sonia et Rahul Gandhi, la présidente et le vice-président du Congrès national indien.
Jalandhar, le 20 janvier 2017: un commerçant indien installe des représentations en carton des dirigeants politiques. De gauche à droite, le Premier ministre Narendra Modi (BJP), Sukhbir Singh Badal (Shiromani Akali Dal), Arvind Kejriwal (Aam Admi), Sonia et Rahul Gandhi, la présidente et le vice-président du Congrès national indien. (SHAMMI MEHRA / AFP)

L’Etat du Pendjab, au nord-ouest de l’Inde, renouvelle les 117 membres de son Assemblée, le 4 février 2017. Si la campagne se déroule plutôt calmement, certains candidats cumulent quelques «handicaps». En effet, 15% d’entre eux sont sous le coup d’affaires pénales et 40% sont illettrés… Petit panel.


Relayés par The Hindu, les chiffres de l'organisme de surveillance des élections Association for Democratic Reforms définissent le profil des candidats aux législatives. Il en ressort qu'ils sont 77 à être accusés d'infractions électorales, d'actes répréhensibles à l’encontre des femmes ou de faits de corruption.

L’étude montre que 4 candidats sont accusés de meurtre et 11 de tentative de meurtre. Et dans 6 circonscriptions, 3 ou plus sont impliqués dans des affaires criminelles.

Côté finances
16% des postulants, soit 178 d'entre eux, possèdent des actifs évalués à 50 millions de roupies (685.500 euros) ou plus et 341 ont déclaré des actifs d'une valeur inférieure à un million de roupies (13.700 euros). La richesse moyenne par candidat s’établit à 3,49 millions de roupies (47.847 euros). Sept candidats ont toutefois déclaré qu’ils ne possédaient rien.

Elections législatives dans le Pendjab: les projections mises en ligne le 17 janvier 2017.
Elections législatives dans le Pendjab: les projections mises en ligne le 17 janvier 2017. (DR/Capture d'écran)

Quel niveau d’études?
Si plus de 680 candidats, soit 60% du total (1150), ont déclaré que leur niveau scolaire se situait entre la 6e et la terminale (selon la classification française), 365 (32%) se sont dits diplômés du secondaire ou du supérieur. 40% sont illettrés tandis que 6% sont en possession d’un doctorat.

Peu de femmes et un troisième genre
La plus grande disparité réside dans la sous-représentation des candidates: seulement 81 femmes pour 1063 hommes. Et pour finir: un candidat s'est inscrit sous un troisième sexe.
 
Thèmes de campagne 
Début janvier 2017, la cour suprême indienne a statué qu’un candidat ne pouvait faire appel à la caste, aux origines ou à la religion d’un citoyen pour que ce dernier vote pour lui. Une mesure en faveur d’un statut laïc de l’Etat indien et des élections. Selon le recensement de 2011, 58% de la population du Penjab est sikhe, 38,5% hindoue, 1,9% musulmane, 1,9% chrétienne et autre. 


Les futurs députés étaient attendus sur des thèmes comme le budget, le chômage, la toxicomanie ou les accidents de la route, mais aussi sur les problèmes qui touchent les agriculteurs (surnommé le grenier de l’Inde, le Pendjab produit 2% du blé mondial), ou l'économie. Mais aussi sur les discriminations envers les dalits (intouchables, qui représentent 30% de la population, la plus haute proportion de tous les Etats) ou les émeutes anti-sikhs de 1984
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