Goa: un sommet des Brics sur fond de crise

De gauche à droite: le président brésilien Michel Temer, le Premier ministre indien Narendra Modi, le président chinois Xi Jinping, le président russe Vladimir Poutine et le président sud-africain Jacob Zuma.
De gauche à droite: le président brésilien Michel Temer, le Premier ministre indien Narendra Modi, le président chinois Xi Jinping, le président russe Vladimir Poutine et le président sud-africain Jacob Zuma. (Sergey Guneev / Sputnik)

Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud, les fameux Brics, se retrouvent à Goa en Inde les 15 et 16 octobre 2016. L'optimisme de rigueur dans les années 2000 est un peu retombé sur le potentiel économique de ces pays. Mais l'Inde et la Chine, grâce à leur population, peuvent servir de moteur à la croissance.


Les sommets se suivent pour les pays émergents et se ressemblent. La crise n’épargne pas ces économies qui, dans les années 2000, semblaient invincibles. La croissance a rudement freiné et l’écart avec les pays développés s’est réduit. Les Brics faisaient 6% de mieux, l’avance aujourd’hui n’est plus que de 2%.
 
Le FMI est même plus pessimiste pour 2016. Il prévoit une croissance mondiale de 3,4% et de 4,5 à 4,3% pour les émergents. Un petit point de mieux pour les Brics.

Les pays membres vont mal, et pour des raisons différentes. La Russie subit la chute des cours du pétrole. Or, le pétrole assure 20% des revenus de l’Etat. Le Brésil, englué dans les scandales, paye les mauvais choix économiques, privilégiant la production de matières premières. La Chine est secouée par l’explosion d’une bulle spéculative qui a ralenti le moteur économique.

La dépendance aux matières premières 
La Russie et le Brésil ont profité de la hausse des matières premières au cours des années 2000. L’explosion de leur PIB était en trompe l’œil. Car la production manufacturière et les services sont restés à la traîne. Aussi, lorsque le cours des matières premières s’est replié, la richesse intérieure s’est écroulée.
 
A l’inverse, la Chine connaît tout de même une croissance de 6%. Tout comme pour l’Inde, l’immense marché intérieur devrait permettre de relancer la machine. Mais comme le souligne l’Institut Montaigne, «après plusieurs décennies de forte croissance, l’économie chinoise a atteint un revenu médian – intermédiaire. La transformation de son modèle économique semble dorénavant nécessaire pour relancer une croissance incertaine.»
 
Pas d’inquiétude semble répondre en écho le site Chinafrique. «Ces pays ont fait des efforts pour adapter leurs structures économiques et créer des nouveaux moteurs de croissance. La priorité a été donnée aux nouveaux secteurs compétitifs dans les domaines de forte valeur ajoutée, en se concentrant sur la recherche et le développement.»

La banque des Brics 
L’espoir repose aussi sur la Nouvelle banque de développement (NDB) créée par les pays membres en juillet 2015 et dont le siège est à Shanghaï. Elle est dotée d’un capital de 100 milliards de dollars et doit servir à financer les grands travaux d’infrastructure et les projets de développement des pays membres et des autres économies émergentes. Ainsi, la NDB envisage de financer des infrastructures routières en Russie.

C’est également une arme politique contre la toute puissance de la Banque mondiale et du FMI, un contre-pouvoir au leadership du dollar. Un contre-pouvoir qui ne se place pas dans l’affrontement, mais dans le partenariat.
 
En clair, pour relancer leurs économies, les Brics comptent d’abord sur eux-mêmes.
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