Hong Kong : la police dégage des barricades, les "anti" s’invitent

(La police de Hong Konfg a commencé lundi à enlever les barricades des manifestants © REUTERS/Carlos Barria)

A Hong Kong, la police a commencé lundi matin à enlever les barricades érigées depuis plus de 15 jours par les manifestants pro-démocratie. Parmi eux beaucoup d'étudiants qui exigent toujours de pouvoir élire librement le prochain chef du gouvernement hongkongais en 2017. La tension est montée d'un cran il y a quelques heures quand des heurts ont éclaté entre étudiants et hommes masqués.

A 5h30 ce lundi matin, au seizième jour de blocage de certaines artères vitales, la police hongkongaise a pris son mégaphone et dégagé quelques barricades. Parfois elles ont été enlevées sans incidents et remplacées par un mince cordon de police, parfois elles ont été reconstituées plus loin. 

L’espace public devient disputé par tout le monde, les piétons, les automobilistes, les transporteurs, certains bien décidés à faire le ménage eux-mêmes. Les consignes étudiantes sont de ne pas bouger, occuper le terrain pour forcer un dialogue et obtenir un résultat. 

Le leader étudiant Joshua Wong, 18 ans, a fêté son anniversaire sur Facebook en appelant à tenir dans la non-violence jusqu’à ce que Pékin retire sa réforme électorale. Aucune chance, a déjà répondu le chef de l’exécutif, même si 16.000 internautes soutiennent la démarche de Joshua. 

Des casseurs sèment le trouble

Les ordres de la police sont de ne pas faire usage de la force, sauf en cas de légitime défense et de ne pas chasser les manifestants. Sur l’avenue Harcourt, 400 tentes restent posées sur le bitume. C’est du donnant donnant, disent les étudiants : les tramways, par exemple, pourront rouler sur l’artère du luxe Queensway quand Civic Square, le parc public sous les fenêtres du gouvernement leur sera ouvert.

Mais depuis quelques heures, la tension est montée d'un cran quand des heurts ont éclaté, sur deux sites au moins, entre les manifestants et des dizaines d'hommes masqués, habillés de noir et parfois armés de barres et de bâtons. Des "anti", comme on les appelle ici à Hong Kong, qui cherchent à déloger, par la force, les manifestants.