Hillary Clinton, le retour

(Steve Dipaoloa Reuters)

C'est le come-back qui électrise l'Amérique, celui de la femme qui a connu tous les honneurs et beaucoup de désillusions. Depuis quelques semaines Hillary Clinton multiplie les interventions publiques, donne son avis sur tous les grands sujets, de l'Ukraine à la réforme de la santé, et s'installe au centre du jeu avant la campagne pour la présidentielle de 2016.

C'est la stratégie du petit poucet, du caillou semé à chaque saison pour raviver la flamme  et accessoirement dissuader tout autre démocrate d'avoir envie de se lancer. Pendant l'hiver, Hillary Clinton fait savoir qu'elle prendra sa décision durant cette année : au printemps, petite phrase j'y pense à la présidentielle et pour l'été ce sera le livre, souvenir de son passage à la tête de la diplomatie américaine, l'occasion également de se différencier de Barack Obama dans quelques domaines. Le chemin est donc balisé. Mais attention, prévient son entourage, rien n'est officiellement décidé. Voici le gouverneur de Virginie, Terry Mac Auliffe, ami de la famille depuis 25 ans et très efficace récolteur de fonds pour Bill Clinton pendant toutes ses campagnes : "C'est sa décision. Beaucoup de gens voudraient qu'elle se lance. Moi je serais très excité de voir la première femme présidente des Etats-Unis. Moi je parle avec elle et de ce que je sais, elle n'a pas encore pris sa décision".

Pas de déclaration officielle pour le moment, on l'a bien compris, mais déjà se tisse une toile politique dans tout le pays...

Effectivement, la pré-campagne s'organise. et ça c'est le travail de Ready For Hillary, une trentaine de permanents, des locaux tout neufs, sans lien avec Hillary Clinton mais un de ses plus proches collaborateurs dirige l'association. Il s'agit de faire émerger partout un soutien populaire massif en faveur de la candidate qu'ils souhaitent.

Par exemple, en ce moment, Ready For Hillary est très actif dans l'Iowa, le premier Etat dans lequel des primaires auront lieu, on ne sait jamais. Anne en revient justement après une campagne de recrutement chez les sympathisants démocrates : "Il ne s'agit pas de récolter des fonds mais d'identifier les partisans d'Hillary Clinton et d'en faire des volontaires".

Et la petite boutique Ready For Hillary vend aussi des tee-shirts, des mugs, des photos. Dans l'ensemble des Etats-Unis aujourd'hui, 2 millions de supporters ont été enregistrés. Et l'objectif, c'est d'en avoir millions d'ici la fin de l'année

Mais pourquoi cet activisme aussi précoce. Après tout Hillary Clinton est sans doute la personnalité que connaissent le mieux les Américains ?

D'abord, il y a une forme de reproduction du modèle des campagnes de Barack Obama qui a tellement bien marché,  la puissance conjuguée des réseaux sociaux et du porte à porte, des proches du président américain ont d'ailleurs déjà rejoint l'équipe Clinton.

Et puis, il faut sans doute du temps pour répondre à cette question : Hillary Clinton, bientôt 67 ans, première dame voilà déjà 20 ans, représente-t-elle vraiment l'avenir ?

Erin Hannah s'en rend compte,  la jeune femme est une admiratrice de la première heure, dans sa chambre d'adolescente il y avait une photo du couple Clinton à la Maison Blanche. Mais autour d'elle, c'est moins évident : "J'ai des amis qui l'ont soutenus en 2008 et qui aujourd'hui préfèreraient quelqu'un de neuf".

 Il y a effectivement un enjeu essentiel autour de la jeunesse, qui a massivement voté Obama, voilà pourquoi aussi Hillary Clinton effectue une vraie tournée des universités pour donner des conférences.

 On s'en rend compte, les réseaux, les énergies, les arguments sont prêts. En fait, Hillary Clinton est déjà en campagne électorale?

 On peut le dire comme ça, même s'il ne faut jamais exclure qu'elle ne soit pas candidate, pour des raisons personnelles, elle a eu des ennuis de santé sérieux par exemple quand elle était au département d'Etat mais politiquement, le marathon pour elle a commencé.

Et visiblement, contrairement à 2008 où face à Barak Obama elle avait volontairement peu joué la carte féminine, là le thème de la première femme à la Maison Blanche devrait être dominant. C'est ce qu'on comprend quand on écoute Ellen Tauscher, élue démocrate de Californie, qui a travaillé plusieurs années avec Hillary Clinton : "Nous n'avons jamais eu une femme candidate à la Maison-Blanche. Nous devrons être intelligents et tenaces pour s'assurer que  les femmes se mobilisent pour qu'elle soit élue.

S'il fallait encore féminiser et adoucir l'image un peu dure d'Hillary Clinton, vous connaissez la dernière nouvelle, elle va être grand-mère dans les mois qui viennent.

 Et pour rester dans la famille, sachez que côté républicain, le candidat dont on parle le plus pour 2016, c'est Jeb Bush, ex-gouverneur de Floride, frère et fils d'un ancien président. D'où cette formule de madame Bush mère, ce serait dommage qu'il n'y ait que deux ou trois familles dans ce pays pour occuper la présidence.

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