Heurts post-électoraux:3 Iraniens condamnés à mort

Incidents après une manifestation pro-Moussavi à Téhéran, le lundi 15 juin 2009
Incidents après une manifestation pro-Moussavi à Téhéran, le lundi 15 juin 2009 (© F2)

La justice iranienne a prononcé trois condamnations à mort à la suite des manifestations antigouvernementales de juin

La justice iranienne a prononcé trois condamnations à mort à la suite des manifestations antigouvernementales de juinLa justice iranienne a prononcé trois condamnations à mort à la suite des manifestations antigouvernementales de juin

Ce sont les premières condamnations à mort dans le procès de personnes liées au mouvement de protestation après l'élection présidentielle contestée du 12 juin, selon l'agence iranienne Isna samedi.

Une répression massive avait suivi et 4.000 personnes avaient été arrêtées. Si la plupart a été libérée, quelque 140 ont été renvoyées devant la justice.

"Trois personnes qui comparaissaient (pour leur rôle) dans les incidents post-électoraux ont été condamnées à mort" par le Tribunal révolutionnaire de Téhéran, a indiqué l'agence de presse iranienne Isna, en citant un porte-parole du ministère de la Justice, Zahed Bashiri Rad.

Selon ce dernier, les trois condamnés, qu'il a présentés par leurs initiales, avaient également été reconnus coupables de liens avec des organisations interdites en Iran comme l'Association de la monarchie d'Iran ou les Moudjahidine du Peuple, un groupe d'opposition iranien en exil.

M.Bashiri Rad a souligné que ces condamnations à mort n'étaient "pas définitives et les condamnés peuvent faire appel auprès de la Cour suprême". Selon la loi, le verdict doit être confirmé par la cour d'appel, puis par la Cour suprême pour que la peine puisse être exécutée.

Le site internet réformiste iranien mowjcamp.com avait fait état jeudi de la condamnation à mort de Mohammad Reza Ali Zamani, un membre de l'Association de la monarchie d'Iran. M.Zamani avait comparu le 8 août, le même jour que l'universitaire française Clotilde Reiss, 24 ans, libérée sous caution mi-août à condition de rester à l'ambassade de France, dans l'attente de son jugement. Elle avait été arrêtée le 1er juillet pour participation à des manifestations post-électorales.

Au total, 36 personnes ont péri lors des émeutes, selon les autorités. L'opposition a fait état de 72 morts.

M. Bashiri Rad a précisé que ces trois condamnations à mort n'étaient pas les seuls verdicts rendus par le Tribunal révolutionnaire de Téhéran qui juge les personnes accusées d'implication dans la contestation post-électorale. Dix-huit prévenus ont fait appel de leurs peines, a dit le porte-parole sans toutefois préciser ces verdicts, ni l'identité des accusés.