Inquiètes pour l'Europe, les Bourses replongent

La Bourse de Huaibei, dans l\'est de la Chine, le 9 mai 2012.
La Bourse de Huaibei, dans l'est de la Chine, le 9 mai 2012. (XIE ZHENGYI / IMAGINECHINA / AFP)

L'incertitude sur la situation politique en Grèce et la santé des banques espagnoles mettent les places européennes sur la défensive. Elles sont presque toutes en repli à la mi-journée. 

Les Bourses replongent, jeudi 10 mai, en fin de matinée dans un climat d'inquiétude générale sur la crise politique en Grèce et la santé des banques espagnoles. Après avoir ouvert dans le vert, la plupart des places financières européennes sont repassées en fin de matinée dans le rouge.

"Il y a une absence totale de visibilité et de discernement à court terme" sur le marché, explique Pascal Plumet, analyste chez Barclays Bourse. Pour Markus Huber, analyste chez ETX Capital, "de nombreux investisseurs préfèrent s'abstenir tant que la situation en Grèce ne sera pas plus claire". Vers 12h10 (heure de Paris), la Bourse française était en baisse de 0,84%, tandis que Londres perdait 0,49%, Francfort 0,14% et Milan 0,47%. Tokyo a aussi clôturé en baisse de 0,39% et Hong Kong de 0,51%.

• Les banques espagnoles dans la tempête

A l'inverse du mouvement général, la Bourse de Madrid a progressé, elle, nettement, de 1,38%, alors que le gouvernement espagnol, sous pression des marchés et de la Banque centrale européenne, doit dévoiler vendredi une nouvelle réforme du secteur bancaire.

Le temps presse, d'autant que Madrid a annoncé mercredi la nationalisation partielle de la quatrième banque du pays, Bankia, plombée par des crédits immobiliers risqués. "La nécessité d'accélérer la restructuration du secteur bancaire espagnol, alors que la dépendance aux prêts de la Banque centrale européenne atteint des sommets, complique encore la donne", estiment les analystes de Crédit Mutuel-CIC.

• La Grèce toujours dans l'impasse

Autre gros foyer de tensions, la Grèce était toujours dans l'impasse politique. Evangelos Venizélos, le dirigeant du parti socialiste grec Pasok, tentait à son tour jeudi de constituer un gouvernement de coalition, quatre jours après les élections législatives. Les investisseurs craignent que le triomphe électoral des partis opposés à l'austérité mène à un arrêt du versement de l'aide internationale. Un tel scénario provoquerait un défaut de paiement du pays, voire sa sortie de la zone euro.

En attendant, Athènes doit recevoir jeudi 4,2 milliards d'euros sur les 5,2 milliards que la "troïka" de ses créanciers, BCE, Commission européenne et Fonds monétaire international, devaient lui verser à cette date. Ces derniers estiment que le pays n'a pas besoin du milliard restant dans l'immédiat. Mais nombre d'analystes tirent la sonnette d'alarme. "Athènes devrait être à court de liquidités dès le mois de juillet si elle n'obtient pas d'autres versements", a prévenu Cameron Peacock, analyste chez IG Markets.

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