Législatives en Grèce: et un, et deux, et trois scrutins en 2015

Le premier ministre grec Alexis Tsipras saisi dans un moment de lassitude lors de la session parlementaire du 15 juillet 2015 à Athènes.
Le premier ministre grec Alexis Tsipras saisi dans un moment de lassitude lors de la session parlementaire du 15 juillet 2015 à Athènes. (Aris Messinis/AFP)

Pour la troisième fois depuis le début de l’année, le peuple grec est appelé aux urnes, dimanche 20 septembre. Moi ou le chaos ! Semble-t-il dire, en provoquant ces élections législatives anticipées. Mais, s’il l’emporte, que va-t-il faire de sa victoire ?


Que peut donc espérer Alexis Tsipras du scrutin qu’il a provoqué ? D’abord, raffermir son pouvoir, mis à mal par le départ de 25 députés de la gauche de Syriza. Une mise en cause incarnée par la démission de l’ancien ministre des finances Yanis Varoufakis. Il vise un nouveau plébiscite en somme, après celui du référendum de juillet dernier.

Ensuite, si le pays lui fait encore confiance, il veut montrer que «la lutte continue» selon son expression. Il s’agit à ses yeux, de négocier dès cet automne une restructuration de la dette grecque. Il a expliqué aux électeurs avoir dû céder, face à la puissance «des forces asymétriques» contre lesquelles il a bataillé.

Les déçus de Tsipras 
La clé du scrutin réside dans l’attitude des déçus de Tsipras. Les 62% d’électeurs qui ont voté contre le nouveau plan de rigueur en juillet sont sûrement amers contre un parti qui a finalement accepté un plan de rigueur qu’il avait pourtant promis de torpiller. Combien sont encore prêts à le suivre ?
 
Certains des électeurs ont rejoint les extrêmes. A gauche, mais aussi à droite avec l’Aube dorée, le parti le plus populaire auprès des 18-24 ans. Mais beaucoup sont désireux de croire en l’image d'un retour à la stabilité que représentent la Nouvelle Démocratie et son leader Vangelis Meïmarakis.
 
Ce dernier promet un gouvernement d’union nationale ouvert à tous, y compris à Syriza, qui a décliné l’invitation.

Scrutin serré
Le résultat s’annonce particulièrement serré. Cinq sondages publiés mardi 15 et vendredi 18 septembre donnent des résultats opposés. Pour l’un d’eux, Syriza l’emporte de quatre points et pour un autre, la droite est en tête. Personne ne peut espérer atteindre les 38% et obtenir la majorité au parlement.
 
La gauche européenne a d’ailleurs répondu à l’appel pour soutenir Tsipras. Pablo Iglesias pour le parti espagnol Podemos et Pierre Laurent le secrétaire national du PCF ont fait le déplacement à Athènes.
 
En toile de fond la crise migratoire pourrait marquer le scrutin. Aube dorée espère se refaire une santé électorale en surfant sur l’arrivée de 230.000 migrants dans le pays. Leur credo : les autorités ont été incapables de garder les frontières, qu’elles s’en aillent ! Créditée de 7% des voix, l’extrême-droite est, malgré ce faible score, la troisième force du pays.
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