La Grèce va (encore) devoir patienter pour percevoir sa nouvelle tranche d'aide

Le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, et la présidente du FMI, Christine Lagarde, à Bruxelles, le 12 novembre 2012.
Le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, et la présidente du FMI, Christine Lagarde, à Bruxelles, le 12 novembre 2012. (YVES HERMAN / REUTERS)

Les pays de la zone euro, en désaccord, se sont donné huit jours supplémentaires pour décider du versement de plus de 30 milliards d'euros au pays.

GRECE – Zizanie au sommet. Les pays de la zone euro ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur la Grèce lors d'un sommet à Bruxelles lundi 13 novembre. Le pays a beau avoir adopté un nouveau budget de rigueur en 2013, les Européens se sont donné huit jours supplémentaires pour parvenir à un accord qui ouvrirait la voie au déblocage d'une tranche d'aide de plus de 30 milliards d'euros, gelée depuis le mois de juin.

En cause, de multiples désaccords, notamment sur la trajectoire de la dette de la Grèce. Les créanciers du pays (UE, BCE et FMI) doivent encore trouver des solutions pour permettre à Athènes de mener à bien son ajustement budgétaire, grâce à un répit de deux ans jusqu'en 2016. Ce délai a un coût qu'il va falloir financer. Selon un rapport provisoire de la troïka, ce trou de financement s'éleverait à 32,6 milliards d'euros, un montant lié notamment à l'explosion de la dette grecque et du retour incertain du pays sur les marchés.

Les créanciers se renvoient la balle

L'idée est de trouver comment combler ce trou, mais à ce jeu, les créanciers se renvoient la balle. La Banque centrale européenne (BCE) refuse d'accepter des pertes sur les obligations grecques qu'elle possède, le Fonds monétaire international (FMI) refuse de remettre au pot et laisse cette responsabilité à la zone euro, qui exclut tout nouveau prêt, synonyme de troisième plan d'aide à la Grèce.

Plusieurs solutions sont à l'étude : un abaissement des taux d'intérêt des prêts déjà consentis à la Grèce ou un rachat par le pays d'une partie de sa dette à prix cassés. La question est liée à l'évolution de la dette grecque, un autre sujet polémique parmi les créanciers. Beaucoup d'analystes considèrent qu'il est irréaliste de la ramener à 120% du PIB en 2020, comme prévu jusqu'ici.

La Grèce en cessation de paiement le 16 novembre ?

"Il y a une forte probabilité que le délai soit repoussé à 2022" au lieu de 2020 comme prévu jusqu'ici, a déclaré Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe (qui rassemble les ministres des Finances de l'UE) . Une position que ne partage pas le FMI, qui garde la date butoir de 2020. "Nous avons des divergences, nous travaillons et nous tentons de les résoudre", a affirmé Christine Lagarde.

En dépit de ces désaccords et de ces retards, Athènes ne sera pas en cessation de paiement à la fin de la semaine, a assuré Jean-Claude Juncker. "Il n'y aura pas de problème le 16 novembre", a-t-il affirmé. A cette date, le pays doit rembourser pour 3,4 milliards d'euros d'obligations à très court terme, a indiqué le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn. Prenant les devants, Athènes a prévu de lancer un emprunt exceptionnel, mardi, pour rembourser une partie de cette créance. 

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