Grèce : les défis qui attendent Alexis Tsipras après sa victoire aux législatives

 Le leader de Syriza, Alexis Tsipras, s\'exprime face à ses militants, dimanche 20 septembre 2015 à Athènes (Grèce).
 Le leader de Syriza, Alexis Tsipras, s'exprime face à ses militants, dimanche 20 septembre 2015 à Athènes (Grèce). (ALKIS KONSTANTINIDIS / REUTERS)

La formation Syriza a nettement devancé le parti de droite Nouvelle Démocratie, dimanche 20 septembre. Son leader, Alexis Tsipras, a promis à la Grèce "de sortir de la crise".

La formation Syriza a remporté une large victoire, dimanche 20 septembre, devant le parti de droite Nouvelle Démocratie. Son leader, Alexis Tsipras, a d'ores et déjà annoncé la formation d'une coalition avec les souverainistes d'Anel, afin de former le prochain gouvernement. Francetv info revient sur les défis à court terme du futur cabinet. 

Composer un gouvernement

Premier objectif après ce scrutin : la formation d'un nouveau gouvernement. Plusieurs cadres ont indiqué que le cabinet pourrait être constitué d'ici à mercredi. Cette fois encore, une coalition est nécessaire, car Syriza n'a pas obtenu la majorité absolue à la Vouli, le Parlement grec. Le parti s'est donc entendu avec les souverainistes d'Anel, en reprenant ainsi l'alliance conclue lors du précédent gouvernement d'Alexis Tsipras. Lors de son discours, Alexis Tsipras s'est ainsi affiché aux côtés de Panos Kammenos, le leader du parti souverainiste. Avec ce renfort d'une dizaine de sièges, Alexis Tsipras devrait disposer de 155 sièges environ sur 300 au Parlement. Reste à savoir si cela suffira pour gouverner.

Mettre en œuvre les réformes promises aux créanciers

Pour débloquer la première tranche d'aide internationale, le gouvernement va devoir élaborer ou voter plus de quinze réformes d'envergure d'ici octobre, selon un décompte de l'AFP. Il devra notamment faire adopter un rectificatif au budget 2015, qui prévoit encore une piqûre d'austérité, avec une nouvelle réforme des retraites et du code de l'impôt sur le revenu, des modifications de la fiscalité des agriculteurs, ou encore un passage de 11 à 15% du taux d'imposition des revenus annuels inférieurs à 12 000 euros...

La Grèce a promis 6,4 milliards d'euros de revenus tirés des privatisations d'ici 2017. Le gouvernement s'engage à présenter d'ici octobre un nouveau calendrier de privatisations, avec notamment l'appel d'offres en cours pour les ports du Pirée et de Thessalonique, la compagnie de chemin de fer Trainose et le gestionnaire du réseau ferré Rosco.

Les principaux partis engagés dans la course électorale n'avaient pas remis en cause le programme. Quid de Syriza, une fois cette victoire acquise ? "Ce sera un gouvernement de quatre ans avec une forte majorité parlementaire, qui mettra en œuvre le programme promis [lors de l'accord avec les créanciers du pays], a indiqué la porte-parole de Syriza, Olga Gerovasili. Il va continuer de négocier âprement avec les créanciers, car il s'agit là du début d'une bataille."

Rassurer les partenaires financiers

Quid des institutions européennes ? Il y a d'abord le bâton. Pendant la campagne, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a demandé "aux Grecs de tenir parole et de respecter l’accord, quel que soit le gouvernement en place". Et Mario Draghi, le président de la BCE, a encouragé la Grèce à mettre en œuvre sa réforme des retraites, dans une lettre parue vendredi. Mais il y a aussi la carotte. Dans un entretien à La Stampa (en italien, payant), le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a évoqué de possibles discussions avec le futur gouvernement, afin d'assouplir les conditions de remboursement de la colossale dette grecque, qui atteint 200% du PIB.

Desserrer le contrôle des capitaux

Après les élections, les Grecs espèrent en finir assez vite avec le contrôle des capitaux imposé depuis fin juin, pour prévenir un début de panique bancaire. Les conditions de paiement de factures à l'étranger ont été quelque peu assouplies pour les entreprises au cours de l'été. Mais, pour les particuliers, la limite de retrait hebdomadaire à l'intérieur du pays n'a pas bougé depuis l'instauration du contrôle : 420 euros, retirables en une fois. Les virements vers l'étranger ne sont pas possibles, sauf pour des soins, des études, des voyages.

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