Ce qu'il faut retenir de la victoire d'Alexis Tsipras aux législatives grecques

Le leader de Syriza, Alexis Tsipras, vote lors des législatives grecques à Athènes, dimanche 20 septembre 2015.
Le leader de Syriza, Alexis Tsipras, vote lors des législatives grecques à Athènes, dimanche 20 septembre 2015. (ALEXANDROS MICHAILIDIS / SOOC)

L'ancien Premier ministre est arrivé en tête des élections, dimanche 20 septembre, loin devant le parti de droite Nouvelle Démocratie, emmené par Vangelis Meïmarakis.

Alexis Tsipras pouvait afficher un large sourire, dimanche 20 septembre, à l'annonce des premières projections du ministère de l'Intérieur au soir des élections législatives en Grèce.

A 23 heures, avec deux tiers des bulletins dépouillés, Syriza était crédité de 35,43% des voix contre 28,30% au parti de droite Nouvelle Démocratie (ND), emmené par Vangelis Meïmarakis. Ce dernier a rapidement reconnu sa défaite : "Il apparaît que le Syriza et Alexis Tsipras sont premiers, je le félicite." Ce dernier a sobrement commenté sa victoire, sur Twitter : "Devant nous s'ouvre la voie du travail et des luttes".

Des alliances nécessaires pour gouverner

Alexis Tsipras va sans doute être obligé de constituer de nouveau une coalition. Le leader de Syriza est en effet crédité de 145 sièges sur 300 à la Vouli – le Parlement grec. Pour obtenir une majorité absolue, Alexis Tsipras pourrait reconstituer exactement la même alliance que lors de son premier mandat, avec les Grecs indépendants (Anel), un parti pourtant de droite souverainiste, qui obtiendrait une dizaine de sièges au terme de la soirée. Son dirigeant, Panos Kammenos, a d'ailleurs apporté son soutien à Alexis Tsipras, peu après l'annonce des résultats. Une porte-parole de Syriza a indiqué qu'un cabinet de coalition pourrait être rapidement constitué, d'ici à mercredi.

Les autres aspirants à entrer dans une coalition, le parti centriste To Potami et le parti socialiste Pasok, se sont déclarés dans l'opposition, après avoir pris acte qu'Alexis Tsipras n'avait pas besoin d'eux.

Une très faible participation

De nombreux électeurs ont boudé ces élections, quelques semaines après un référendum par lequel une large majorité de Grecs avaient exprimé leur refus de nouvelles mesures d'austérité en échange d'un troisième plan d'aide. Selon les projections du ministère de l'Intérieur, la participation a été de 54,7%, contre 63,6% aux législatives de janvier.

Un parti néonazi arrivé en troisième position

C'est l'une des sensations de la soirée. Le parti néonazi Aube dorée a conforté sa position de troisième parti en Grèce, avec 7% des voix et 19 députés. Son leader, Nikos Michaloliakos, fait partie des 69 personnes (dirigeants, députés, ex-députés ou membres du parti) qui ont été inculpées quelques jours après le meurtre d'un musicien antifasciste, il y a deux ans. Aube dorée se félicite d'être le premier parti chez les chômeurs, indique une journaliste.

Un pari risqué mais remporté

Après les législatives de janvier et le référendum de juillet, les dix millions d'électeurs grecs étaient appelés aux urnes pour la troisième fois de l'année. Ces législatives anticipées avaient été provoquées par la démission d'Alexis Tsipras, le 20 août, qui avait été désavoué par un tiers de sa coalition, lors de l'adoption du troisième plan d'aide au Parlement. Pourtant soutenus par le médiatique Yanis Varoufakis, les députés dissidents, regroupés au sein du nouveau parti Unité populaire, n'ont guère convaincu les électeurs et ne parviendraient pas à entrer au Parlement.

Alexis Tsipras déjà sous pression des créanciers

Le retour au pouvoir du Premier ministre sortant sera suivi avec une attention particulière par les créanciers de la Grèce, mais aussi par les dirigeants politiques européens. Cette fois, Bruxelles et les dirigeants européens sont restés plutôt discrets dans la campagne. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a toutefois demandé "aux Grecs de tenir parole et de respecter l’accord, quel que soit le gouvernement en place." Et Mario Draghi, le président de la BCE, a de nouveau encouragé la Grèce à mettre en œuvre sa réforme des retraites. Pour Syriza, tout reste à faire ou à refaire.

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