Alexis Tsipras appelle les Grecs à dire un "grand non à l'ultimatum" des créanciers

Alexis Tsipras, le 27 juin 2015, lors de son discours devant le Parlement grec. 
Alexis Tsipras, le 27 juin 2015, lors de son discours devant le Parlement grec.  (ANGELOS TZORTZINIS / AFP)

S'adressant aux parlementaires avant le référendum, le Premier ministre a estimé que "le peuple grec dira un grand non à l'ultimatum mais en même temps un grand oui à l'Europe de la solidarité". 

Pour convaincre les parlementaires et ses concitoyens, Alexis Tsipras fait appel à leur fierté nationale. Le Premier ministre grec a en effet appelé, samedi 27 juin, devant le Parlement, à dire "un grand non à l'ultimatum" des créanciers du pays lors du référendum proposé par son gouvernement pour le 5 juillet, et dont les députés ont approuvé l'organisation dans la nuit. 

Cette expression "grand non" est une référence au "non" objecté par les autorités grecques à l'ultimatum de l'armée italienne souhaitant entrer sur le territoire grec en 1940. L'une des deux fêtes nationales grecques, le 28 octobre, est, pour cette raison, connue comme "le jour du non".

Alexis Tsipras a ajouté que les Grecs diraient "en même temps un grand oui à l'Europe de la solidarité", et s'est dit persuadé qu'"au lendemain de ce fier non, la force de négociation du pays sera renforcée" avec l'UE et le FMI.

Il a affirmé que ce référendum "n'était pas une tentative de scission avec l'Europe mais de scission avec des pratiques qui sont un affront pour l'Europe". "Les créanciers n'ont pas cherché notre approbation mais l'abandon de notre dignité, il faut le refuser", a asséné le Premier ministre.

"Punir une voix différente en Europe"

"Dans le pays où est née la démocratie, nous ne demanderons pas l'autorisation à M. Dijsselbloem [le président de l'Eurogroupe] et à M. Schaüble [le ministre allemand des Finances]" de tenir un référendum, a poursuivi le Premier ministre sur un registre très belliqueux, affirmant que "le référendum se tiendra normalement, qu'ils le veuillent ou non".

Il a également vertement reproché aux ministres des Finances de la zone euro de s'être réunis samedi "en excluant un de leurs membres", le Grec Yanis Varoufakis, d'une partie des débats.

Selon Alexis Tsipras, le refus des interlocuteurs de la Grèce de prendre en compte les propositions d'Athènes traduit une volonté de "punir une voix différente en Europe". Il a déploré que se soit enclenchée, après l'annonce du référendum, "une propagande de peur qui va culminer dimanche prochain", jour de la consultation.