G20 de Saint-Pétersbourg : ce qu'il faut en retenir

Les dirigeants du G20 posent pour la traditionnelle photo de famille, le 6 septembre 2013 à Saint-Pétersbourg (Russie).
Les dirigeants du G20 posent pour la traditionnelle photo de famille, le 6 septembre 2013 à Saint-Pétersbourg (Russie). (JEWEL SAMAD / AFP)

Dominé par les divergences internationales autour d'une intervention militaire en Syrie, le G20 n'a réussi qu'à accoucher d'un élan de coopération sur les sujets économiques.

Ils sont repartis comme ils étaient venus. A l'exception des thématiques économiques qui ont connu des avancées en matière d'évasion fiscale ou de réponse aux problèmes des pays émergents, les dirigeants des 20 pays les plus puissants de la planète se sont séparés sans avoir trouvé d'accord sur la question de la Syrie, qui a cristallisé toutes les tensions. 

Des avancées économiques

La Syrie a éclipsé ce qui devait être le cœur des négociations du G20 : les questions économiques sur fond de crise mondiale. C'est pourtant le seul dossier qui a avancé à Saint-Pétersbourg. L'harmonie s'est manifestée dans le communiqué final par la volonté de donner la priorité à la croissance en adoptant un "plan d'action" pour renforcer la reprise économique.

Les pays du G20 y multiplient les engagements : celui de commencer fin 2015 à échanger de manière automatique des données fiscales pour enrayer la fraude, de s'attaquer à la régulation du secteur bancaire "de l'ombre" ou de faire la chasse aux entreprises qui fuient l'impôt.

Le G20 a accédé à la demande des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) : leurs banques centrales "se sont engagées sur le fait que les changements futurs de politiques monétaires continueront d'être calibrés avec prudence et clairement communiqués". Un message à la Réserve fédérale américaine, qui a annoncé la fin de sa politique ultragénéreuse, déclenchant un exode de capitaux dans les pays émergents et une chute de leurs devises.

Deux camps aussi opposés que déterminés sur la Syrie

Barack Obama et Vladimir Poutine se sont rencontrés pendant vingt minutes en tête à tête, vendredi 6 septembre, en marge du sommet. "Ils se sont assis avant la séance de travail du jour, dans des fauteuils, et ils ont discuté pendant vingt minutes, en tête à tête", a expliqué  le conseiller du président russe pour la politique étrangère, Iouri Ouchakov. Verdict : "Leurs positions ne se sont pas rapprochées."

La veille, l'ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Samantha Power, avait accusé Moscou de prendre le Conseil de sécurité en "otage", verrouillant, avec la Chine, tout projet d'attaque. Les Russes ont pour leur part mis en garde contre toute frappe sur les stocks d'armes chimiques en Syrie qui aurait des conséquences sur l'environnement et annoncé un nouveau renforcement de leur dispositif militaire au large des côtes de leur allié syrien, pour faire face aux navires américains.

Barack Obama a rencontré le président français. "J'apprécie beaucoup l'engagement du président Hollande en faveur d'une réaction internationale forte à ces actes cruels", a déclaré le président américain à la presse à l'issue de la rencontre, ajoutant que l'intervention qu'il souhaite "serait limitée" et viserait à "dissuader l'usage des armes chimiques".

L'Europe se cherche une position commune

De leur côté, les dirigeants européens des pays membres du G20 ont cherché à dégager une position commune, alors que la majorité d'entre eux était réticente à appuyer une intervention hors mandat de l'ONU. D'un côté, la France prête à intervenir militairement aux côtés des Américains, de l'autre, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne, qui refusent de participer à toute opération. Au milieu, le Royaume-Uni, également volontaire mais bloqué par son Parlement.

Faute de réussir à se réunir officiellement, ils ont brièvement échangé dans le bus les conduisant au dîner officiel, jeudi. A Vilnius (Lituanie), ce sont les ministres de la Défense et des Affaires étrangères des 28 membres de l'UE qui planchaient sur la même question.

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, accompagné de celui de la Commission, José Manuel Barroso, s'est rangé à la position allemande et a rejeté l'usage de la force : "Il n'y a pas de solution militaire au conflit en Syrie." "Nous ne sommes ni isolés ni impuissants !" ont martelé les proches de François Hollande toute la journée, rapporte Le Figaro

Finalement, le président français a temporisé : "Nous allons maintenant attendre la décision du Congrès (…) puis le rapport des inspecteurs, et au vu de ces éléments, j'aurai à prendre, là encore, des décisions", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet. 

France 2

Un communiqué par défaut

Finalement, onze pays présents au sommet du G20 ont appelé, dans un communiqué commun diffusé par la Maison Blanche, à une "réponse internationale forte" après l'usage d'armes chimiques en Syrie. L'Australie, le Canada, la France, l'Italie, le Japon, la Corée du Sud, l'Arabie saoudite, l'Espagne, la Turquie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis y assurent que la responsabilité du régime de Bachar Al-Assad est "clairement" établie dans l'attaque du 21 août.

"Nous condamnons dans les termes les plus fermes l'horrible attaque par des armes chimiques dans les faubourgs de Damas le 21 août, qui a coûté la vie à tant d'hommes, de femmes et d'enfants", écrivent ces pays. Et de poursuivre : "Nous appelons à une réponse internationale forte à cette grave violation des règles et des valeurs en vigueur dans le monde, afin d'envoyer un message clair pour que ce genre d'atrocités ne se répète pas. Ceux qui ont commis ces crimes doivent en porter la responsabilité."

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