Les événements de 2016 auxquels on ne s'attendait pas

Donald Trump, président élu des Etats-Unis, le 9 novembre 2016 à New York (Etats-Unis).
Donald Trump, président élu des Etats-Unis, le 9 novembre 2016 à New York (Etats-Unis). (SAUL LOEB / AFP)

Elections de challengers, traités de paix, et prix Nobel inattendus. L'année 2016 fut celle des surprises.

2016, année de chamboulements. Entre l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, la désignation de François Fillon comme candidat de la droite à la présidentielle en France, la signature d'un traité de paix attendu depuis 43 ans, et la démission de plusieurs Premiers ministres, l'année a été pleine de rebondissements.

Franceinfo revient sur huit événements que peu de monde auraient pu prévoir en 2015.

Donald Trump, président des Etats-Unis

Elu président des Etats-Unis, Donald Trump s\'exprime devant ses partisans, mercredi 9 novembre 2016 à New York.
Elu président des Etats-Unis, Donald Trump s'exprime devant ses partisans, mercredi 9 novembre 2016 à New York. (CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Ce fut LA grosse surprise de 2016. Donald Trump, magnat de l'immobilier et personnage de téléréalité, est devenu le 45e président des États-Unis après avoir remporté l'élection du 8 novembre. Le milliardaire a axé sa campagne sur le rejet des élites et s'est posé comme le "candidat du peuple américain". Opposé à l'ancienne secrétaire d'Etat Hillary Clinton, ce novice de la politique n'avait pas été pris au sérieux. Les médias américains et les instituts de sondage, qui prévoyaient une victoire de la candidate démocrate, ont par la suite été très critiqués sur leur incapacité à avoir vu la dynamique électorale du prétendant républicain

Pourtant, le gouvernement choisi par Donald Trump depuis son élection est loin de pouvoir être qualifié de "populaire". Le patrimoine cumulé des membres du cabinet atteindrait 35 milliards de dollars.

Entre réchauffement climatique et lutte contre l'Etat Islamique, nombreux sont les sujets sur lesquels le nouveau président est attendu. Il prêtera serment le 20 janvier 2017, sur les marches du Capitole, le siège du Parlement américain, à Washington.

Bob Dylan, prix Nobel de littérature

Bob Dylan, le 29 mai 2012 à la Maison Blanche, à Washington (Etats-Unis).
Bob Dylan, le 29 mai 2012 à la Maison Blanche, à Washington (Etats-Unis). (MAXPPP)

Pas grand monde n'avait misé sur lui, pas même le principal intéressé. Le musicien Bob Dylan, 75 ans, a reçu le prix Nobel de littérature le 13 octobre. Seuls quelques bookmakers avaient évoqué en 2011 l'éventualité de cette attribution, comme le rappelle cet article de Culturebox, qui retrace également la vie du chanteur.

Dylan a été récompensé pour "avoir créé une nouvelle forme d'expression poétique inscrite dans la grande tradition de la musique américaine", selon le communiqué de l'académie suédoise attribuant le prix Nobel.

Celui qui s'était opposé à la guerre du Vietnam et aux discriminations raciales aux Etats-Unis a tardé à réagir à l'annonce de sa distinction. Après un silence de plus de deux semaines, l'auteur-compositeur-interprète a finalement accepté son prix. "C'est difficile à croire. Qui rêverait à quelque chose de pareil ?", a-t-il réagi le 29 octobre.

Le chanteur à la voix rugueuse ne s'est finalement pas rendu à la remise de prix le 10 décembre en Suède, prétextant "d'autres engagements". Il a tout de même fait lire un message de remerciements lors de la cérémonie. La chanteuse et poétesse américaine, Patti Smith, a comblé son absence en interprétant une de ses chansons, A Hard Rain's A-Gonna Fall.

Bob Dylan est toujours actif sur la scène musicale. Il a sorti son 37e album au mois de mai 2016, intitulé Fallens Angels. Il y reprend les plus grands standards de la chanson américaine.

Le Royaume-Uni vote pour le "Brexit"

Devant le 10 Downing Street à Londres, le Premier ministre David Cameron avait fait campagne en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l\'Union européenne, le 24 juin 2016.
Devant le 10 Downing Street à Londres, le Premier ministre David Cameron avait fait campagne en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, le 24 juin 2016. (BEN STANSALL / AFP)

Pari raté. L'ex-Premier ministre britannique, David Cameron, avait misé gros en proposant un référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE), le 23 juin. Et il a perdu. Les Britanniques ont voté à 51,9% des voix en faveur de la sortie de leur pays de l'UE. Encore une fois, les sondages avaient anticipé le contraire jusqu'à la veille du scrutin.

Le chef du gouvernement a annoncé le lendemain son intention de démissionner. "Je pense que le pays a besoin d'un nouveau leader", avait-il simplement réagi. Deux candidates avaient alors été retenues par les députés conservateurs pour lui succéder. Après que la secrétaire d'Etat à l'Energie, Andrea Leadsom, s'est retirée de la course, c'est Theresa May, la ministre de l'Intérieur du gouvernement Cameron, qui a été désignée.

Pendant la campagne, la nouvelle locataire du 10, Downing Street a soutenu le camp du maintien dans l'UE, malgré son eurosceptiscime assumé. A 60 ans, elle a  la lourde tâche de négocier la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Elle a précisé son calendrier le 2 octobre. Selon elle, la procédure prévue par l'article 50 du traité de Lisbonne sera lancée "avant fin mars de l'an prochain".

François Fillon, candidat de la droite pour 2017

François Fillon après sa victoire à la primaire de la droite, dimanche 27 novembre 2016.
François Fillon après sa victoire à la primaire de la droite, dimanche 27 novembre 2016. (CHRISTIAN HARTMANN / REUTERS)

Les sondages n'étaient pas très inspirés en 2016. En France, François Fillon, pourtant challenger, a remporté la primaire qui le désigne comme le candidat de la droite. Même si les enquêtes d'opinion avaient noté la bonne dynamique de l'ancien Premier ministre, sa nomination, le 27 novembre, comme candidat à la présidentielle, a créé la surprise.

Le député de Paris a remporté le second tour de la primaire avec une très large avance, recueillant près de 68% des suffrages face à l'ancien Premier ministre et favori des sondages, Alain Juppé. François Fillon avait également battu l'ancien président Nicolas Sarkozy lors du premier tour, une semaine plus tôt.

Le candidat à la présidentielle de 2017 a présenté une ligne politique de rigueur. Ce qui lui a valu d'être comparé à Margaret Thatcher, l'ancienne Premier ministre britannique, connue pour ses positions très libérales.

Comme le prônait l'ancienne dirigeante britannique entre 1979 et 1990, le Sarthois propose un programme économique centré sur l'austérité. Fin de la durée légale du travail, retraite à 65 ans, suppression de 500 000 postes dans la fonction publique... François Fillon assume ses idées libérales. Ce qui a semblé plaire aux électeurs à la primaire de la droite.

Matteo Renzi démissionne

Matteo Renzi, Premier ministre italien, lors de l\'annonce de sa démission, le 5 décembre à Rome.
Matteo Renzi, Premier ministre italien, lors de l'annonce de sa démission, le 5 décembre à Rome. (ANDREAS SOLARO / AFP)

La loi des séries ? Matteo Renzi est le deuxième Premier ministre européen à avoir démissionné en 2016 après un référendum perdu. Les Italiens ont répondu "non" à 60% au projet de réforme constitutionnelle qu'il avait proposé, lors du scrutin du 4 décembre.

Le projet prévoyait une réduction drastique des pouvoirs du Sénat, une limitation des prérogatives des régions et la suppression des provinces, l'équivalent des départements français. Mais Matteo Renzi a surestimé sa popularité, et a avoué s'être "trompé" en politisant trop le scrutin, ce qui lui a fait perdre le vote.

Le président italien, Sergio Mattarella, a désigné son successeur le 11 décembre. Le ministre des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni, a alors remplacé Matteo Renzi à la présidence du Conseil des ministres.

Qualifié de "libéral" par l'aile gauche du Parti démocrate, auquel il appartient, Matteo Renzi a fait adopter en décembre 2014 le contesté "Jobs Act". Cette pierre angulaire de sa politique de "flexisécurité", visait notamment à améliorer le statut des travailleurs précaires tout en créant un contrat de travail unique. Les employeurs pouvant licencier facilement un nouveau salarié pendant trois ans, avant que cela ne devienne plus compliqué.

Une méthode moins efficace qu'espérée, puisque le taux de chômage en Italie est passé de 12,8% de la population active en janvier 2014 à 11,6% en octobre 2016. La faute à une croissance faible, de 0,7% du PIB en 2015 et de 0,8% en 2016, selon les estimations de l'Istat, l'Institut national des statistiques italien. Peut-être ce qui lui a coûté la victoire.

Le Premier ministre néo-zélandais démissionne

L\'ancien Premier ministre néo-zélandais John Key, à Sydney (Australie), le 7 février 2014.
L'ancien Premier ministre néo-zélandais John Key, à Sydney (Australie), le 7 février 2014. (ROB GRIFFITH / AFP)

Encore une démission de Premier ministre en exercice. Cette fois-ci de l'autre côté du monde, en Nouvelle-Zélande, le conservateur John Key a créé la surprise en annoncant le 5 décembre vouloir quitter son poste.

"C'est le choix le plus difficile que j'ai eu à faire", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Il a évoqué des "raisons familliales" et notamment sa femme Bronagh "qui a passé tellement de nuits et de week-end seule"Le dirigeant néo-zélandais était en passe d'achever son troisième mandat.

Agé de 55 ans et chef du Parti national (centre-droit), John Key était pourtant pressenti pour se représenter aux élections prévues en novembre 2017. Premier ministre depuis 2008, il avait de fortes chances de l’emporter. Malgré ses huit années au pouvoir, John Key jouissait d’une très grande popularité.

Il n'avait cependant pas réussi à changer le drapeau néo-zélandais, qu'il considérait comme une "relique coloniale". Après des mois de débats et un vote, les Néo-Zélandais ont rejeté les propositions, parfois surprenantes, pour garder leur bannière. John Key a été remplacé le 12 décembre par Bill English, le ministre des Finances et vice-Premier ministre.

Le Premier ministre néo-zélandais Bill English s\'exprime pendant une conférence de presse au Parlement de Wellington, la capitale du pays, le 12 décembre 2016.
Le Premier ministre néo-zélandais Bill English s'exprime pendant une conférence de presse au Parlement de Wellington, la capitale du pays, le 12 décembre 2016. (MARTY MELVILLE / AFP)

Les Farc déposent les armes

Le président colombien, Juan Manuel Santos (à gauche), salue le chef des Farc, Rodrigo Londoño, et le président cubain Raul Castro (à droite) lors de la signature de l\'accord de paix.
Le président colombien, Juan Manuel Santos (à gauche), salue le chef des Farc, Rodrigo Londoño, et le président cubain Raul Castro (à droite) lors de la signature de l'accord de paix. (LUIS ACOSTA / AFP)

Jusqu'au bout, la paix aura eu du mal à venir. Le Parlement colombien a ratifié, mercredi 30 novembre, l'accord de paix avec les Farc. La guérilla marxiste et le gouvernement colombien étaient en conflit depuis un demi siècle. Après qu'un premier accord de paix a été rejeté par référendum le 2 octobre, les deux parties avaient renégocié le texte pour le soumettre cette fois au Parlement colombien. L'accord avait alors été validé, après quatre ans de négociations.

L'accord de paix prévoit que l'organisation révolutionnaire soit convertie en Parti politique. Les guérilleros des Farc doivent se regrouper dans 27 zones de Colombie pour y déposer progressivement les armes. Le 16 décembre, soit deux semaines après la validation du Parlement, les soldats n'avaient toujours pas rejoint ces zones, selon un porte-parole du Haut Commissariat aux droits de l'Homme de l'ONU.

20% des soldats des Farc ne seraient pas partisans d'un retour à la vie civile. Ils pourraient alors choisir de rejoindre l'ENL, la seconde guérilla de Colombie qui n'a, elle, pour l'instant, pas encore débuté de négociations de paix avec le gouvernement.

François Hollande ne se représente pas

François Hollande annonce son choix de ne pas se présenter à la présidentielle de 2017, le 1er décembre 2016, à l\'Elysée, à Paris.
François Hollande annonce son choix de ne pas se présenter à la présidentielle de 2017, le 1er décembre 2016, à l'Elysée, à Paris. (Constant Formé-Bècherat / Hans Lucas / AFP)

Il a entretenu le suspens jusqu'au bout. Quinze jours avant la date limite de dépôt des candidatures pour les primaires de la gauche, qui doivent désigner le candidat soutenu par le Parti socialiste pour la présidentielle 2017, le président de la République, François Hollande, a annoncé ne pas vouloir se lancer.

Sa décision, qu'il n'avait annoncée qu'à son équipe rapprochée, a "choqué" ses soutiens. A l'inverse, le choix du président de la République permet aux candidats déclarés aux primaires de croire en leur chance pour être désignés.

Vous êtes à nouveau en ligne