Zone euro : un sommet pour (presque) rien ?

Des manifestants appellent l\'Allemagne et la France à dépenser plus pour lutter contre la pauvreté et protéger l\'environnement plutôt que pour les banques, le 21 octobre 2011 à Berlin (Allemagne). 
Des manifestants appellent l'Allemagne et la France à dépenser plus pour lutter contre la pauvreté et protéger l'environnement plutôt que pour les banques, le 21 octobre 2011 à Berlin (Allemagne).  (JOHN MACDOUGALL/AFP)

Le sommet européen prévu dimanche 23 octobre et censé venir au secours de la zone euro ne suffira pas. Un second sommet est prévu mercredi 26, mais les points de discorde restent nombreux.

Deux sommets pour le prix d'un. Les chefs d'Etat de l'Union européenne se réunissent dimanche 23 octobre pour tenter de sauver la zone euro. Au menu : recapitalisation des banques européennes, réforme de la gouvernance de la zone euro et renforcement du Fonds européen de stabilité financière (FESF).  

Mais les protagonistes ont déjà annoncé que ce rendez-vous ne serait pas unique, en raison des difficultés rencontrées. Le deuxième volet est prévu au mercredi 26 octobre.

Les dirigeants européens sont face à trois conflits majeurs.

• Un compromis franco-allemand introuvable

Paris et Berlin n'arrivent pas à se mettre d'accord sur les modalités du renforcement de la capacité d'intervention du FESF.

Avec un budget de 440 milliards d'euros, le Fonds n'est pas prêt, selon la France, à faire face à la faillite de plusieurs Etats européens et à recapitaliser les banques en difficulté.

La France voudrait donner au FESF le statut de banque afin qu'il puisse emprunter auprès de la Banque centrale européenne (BCE) et ainisi augmenter de façon importante sa capacité d'aide. Une manière d'éviter de faire payer les Etats européens qui y contribuent.

Problème : la BCE elle-même et l'Allemagne sont hostiles à cette solution. Berlin propose une alternative qui ne mettrait pas à contribution la BCE : on utiliserait une partie des 400 milliards d'euros dont dispose déjà le FESF pour "assurer" à hauteur de 10 à 30 % des prêts pour les banques qui rachèteraient de la dette aux pays en difficulté. 

• L'Italie et l'Espagne font corps contre "le Nord"

Selon Les Echos, Nicolas Sarkozy s'est finalement résigné à accepter la proposition allemande mercredi 19 octobre lors de sa rencontre avec Angela Merkel. Mais le ministère de l'Economie français est "fâché" et repousse l'idée allemande.

Pire : l'Espagne et l'Italie refusent ce compromis, redoutant que la garantie européenne "ne produise l'effet inverse de celui recherché et ne jette le doute sur la portion non assurée des obligations, faisant remonter les taux exigés par les investisseurs", explique le quotidien économique.

Madrid et Rome réclament une augmentation effective du FESF à 1 000 milliards d'euros. Mais cette solution provoquerait la colère des parlementaires allemands.

• Le FMI et l'Union européenne s'opposent sur la Grèce

Chargée d'estimer la situation économique et financière de la Grèce, la "troïka" est composée d'experts de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI). Elle doit se mettre d'accord pour débloquer le versement d'un chèque de huit milliards d'euros permettant à Athènes d'éviter une faillite à la mi-novembre.

Mais la troïka est divisée. Le FMI ne partagerait pas "l'optimisme" des Européens concernant le niveau d'endettement de la Grèce. "Le FMI pense que les estimations par les deux autres membres de la troïka sont trop optimistes", indique une source de l'Union européenne à Reuters.

Lors du sommet de dimanche, les dix-sept pays de la zone euro devront surtout se mettre d'accord pour trouver "une solution pérenne pour la Grèce", souligne la Commission, "afin de sortir de cette situation de crise permanente".

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