Zone euro : Hollande a-t-il convaincu ses partenaires ?

Le président de la République, François Hollande, tient une conférence de presse, le 16 mai 2013, au cours de laquelle il propose la mise en place d\'un gouvernement économique de la zone euro.
Le président de la République, François Hollande, tient une conférence de presse, le 16 mai 2013, au cours de laquelle il propose la mise en place d'un gouvernement économique de la zone euro. (PATRICK KOVARIK / AFP)

Le président français a appelé de ses vœux un gouvernement économique commun. Dans les pays concernés, les réactions sont mitigées.

Alors que la France et huit autres pays de la zone euro sont en récession, la volonté de François Hollande d’y instaurer un véritable gouvernement économique est loin d’avoir enthousiasmé les 17 Etats concernés. Francetv info relève les différentes réactions à cette proposition, que le président français a faite lors de sa conférence de presse, jeudi 16 mai.

Une initiative qui va dans le bon sens, pour certains

La Commission européenne a salué "l'engagement profond" pris par François Hollande en envisageant ce gouvernement économique de la zone euro. Constatant que "la France et la Commission européenne partageaient la même vision d’une Europe plus intégrée à la fois politiquement et économiquement", le porte-parole de la Commission européenne Olivier Bailly a admiré la volonté de Paris de s’impliquer dans cette perspective. Il a toutefois tenu à rappeler que Bruxelles attendait désormais "des propositions concrètes".

Le nouveau gouvernement italien, par la voix de sa ministre des Affaires étrangères, Emma Bonino, a "pris note avec satisfaction de la position française", estimant que cette proposition devait être explorée. Pour le président français, l'objectif de ce "gouvernement" est de débattre des principales décisions de politique économique à prendre par les Etats-membres et d'harmoniser la fiscalité dans la zone.

Selon le Corriere della Sera (en italien), avec ce projet ambitieux, François Hollande a marqué un "changement radical" de sa politique. "Renouvelant une tradition nationale instaurée par de Gaulle, Hollande s’est jusqu'à présent montré réticent à suivre les propositions de l'Allemagne pour renforcer l'Europe au niveau politique", analyse le quotidien italien. 

Le précédent de 2011

Cependant, de nombreux observateurs à l'étranger rappellent qu'il y a deux ans, en pleine crise de la zone euro, une proposition similaire avait été mise sur la table... quand un autre était président. "L’idée d’un gouvernement économique européen n’est pas nouvelle, explique Der Spiegel (en allemand), elle avait déjà été proposée par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy en 2011". A l’époque, les deux chefs d’Etat avaient préconisé qu’un conseil, composé de chefs d'Etat et de gouvernement, se réunisse deux fois par an, avec un président élu pour deux ans et demi.

Interrogé sur la question, un porte-parole de la chancelière allemande a souligné que la proposition du président français était "intéressante et méritait qu’on se penche dessus". Mais il a aussi rappelé que le sujet n'était pas inédit. Berlin s'est aussi montré prudent concernant la proposition française de doter cette potentielle instance d'une capacité budgétaire. Le gouvernement allemand craint notamment qu'un tel pouvoir conduise à la mise en commun des dettes des membres de la zone, une "mutualisation inacceptable" pour Berlin.

En 2011, la proposition du couple franco-allemand "est restée lettre morte" , ne manque pas de relever le Corriere della Sera. Les Européens attendent donc de voir "les conséquences qu’aura cette annonce dans les prochains jours" avant de s'enthousiasmer.

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