Un soldat d'une mission de l'UE tué par balles au Kosovo

Des membres de la force européenne Eulex au Kosovo, en janvier 2012.
Des membres de la force européenne Eulex au Kosovo, en janvier 2012. (ARMEND NIMANI / AFP)

Un membre de l'Eulex, mission de sécurité déployée au Kosovo, est mort dans le nord du pays, une zone où les tensions entre Serbes et Kosovars sont toujours très fortes.

Un membre de la Mission de police et justice au Kosovo (Eulex) a été tué par balles jeudi 19 septembre dans le nord du Kosovo. L'incident s'est produit vers 7h30 lorsque des inconnus ont ouvert le feu sur deux véhicules de l'Eulex qui transportaient six membres de la mission européenne, près de Zvecan. La victime, un officier des douanes lituanien de 35 ans, est le premier membre de cette mission tué au Kosovo dans un incident violent, depuis sa mise en place en 2008, dans une région toujours très marquée par le conflit entre la Serbie et le Kosovo.

"La section d'Eulex à Mitrovica a immédiatement ouvert une enquête, la région a été cernée. La mission va déployer tous les efforts nécessaires pour arrêter les responsables de cet acte lâche de violence", a souligné l'Eulex. La mission de l'UE a lancé un appel à la population locale lui demandant de la contacter si elle est en possession d'informations qui pourraient aider l'enquête.

Tension diplomatique sur fond d'élections

A Pristina, le Premier ministre kosovar, Hashim Thaçi, a dénoncé une attaque "horrible et honteuse" et demandé aux autorités d'arrêter les auteurs et de les traduire devant la justice. L'incident s'est produit à quelques semaines de la tenue d'élections municipales, le 3 novembre au Kosovo, dans le cadre de la mise en œuvre de l'accord sur la normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie, conclu à Bruxelles en avril. Quelque 40 000 Serbes vivant dans le nord du Kosovo refusent toujours de reconnaître l'autorité de Pristina après la proclamation en 2008 de l'indépendance du pays, et ont boycotté les précédentes élections municipales en 2010.

Néanmoins, plusieurs listes serbes se sont finalement enregistrées le 4 septembre, date limite pour se présenter au scrutin du 3 novembre. Le bon déroulement de ces municipales fait partie des engagements de l'accord de Bruxelles, qui donne un certain degré d'autonomie à la région nord de ce territoire, limitrophe de la Serbie. Pristina n'exerce pratiquement aucun contrôle sur cette région.

Face à l'hostilité de certains élus du nord du Kosovo à la mise en œuvre de l'accord de Bruxelles, Belgrade avait décidé, le 10 septembre, de dissoudre les conseils municipaux des Serbes du nord du territoire. La Serbie, qui espère ouvrir prochainement ses négociations d'adhésion à l'UE, s'est engagée à tout mettre en œuvre pour préparer les municipales et à encourager la participation des Serbes du Kosovo au scrutin. Malgré la conclusion de l'accord, la Serbie refuse toujours de reconnaître l'indépendance du Kosovo.

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