Un ex-ministre de l'Intérieur est accusé d'être lié à des crimes de guerre commis pendant la Seconde guerre mondiale.

Jadranka Kosor, Premier ministre croate, a affirmé que le pays \"enquête depuis 20 ans sur tous les crimes\"
Jadranka Kosor, Premier ministre croate, a affirmé que le pays "enquête depuis 20 ans sur tous les crimes" (PIXSELL / AFP)

Josip Boljkovac est suspecté d'avoir commis des crimes de guerre contre des civils dans la région de Duga Resa en mai 1945. Sur ses ordres, 21 personnes ont été tuées par une unité de partisans dont il était le commandant.

Josip Boljkovac est suspecté d'avoir commis des crimes de guerre contre des civils dans la région de Duga Resa en mai 1945. Sur ses ordres, 21 personnes ont été tuées par une unité de partisans dont il était le commandant.

A l'époque, Josip Boljkovac, membre des services secrets des partisans communistes (OZNA) de Josip Broz Tito, aurait ordonné, sans raison apparente, les arrestations d'un grand nombre de civils de Duga Resa et de ses alentours sous l'accusation de collaboration avec le régime oustacha pro-nazi, selon un communiqué du ministère de l'Intérieur.

Il a été le premier ministre de l'Intérieur après la proclamation d'indépendance de la Croatie en 1991. Il était alors membre de la Communauté démocratique croate au pouvoir. Le ministère de l'Intérieur a par ailleurs confirmé qu'une enquête sur ces crimes est en cours depuis 1998. L'ancien ministre avait rejeté par le passé les accusations pesant contre lui.

"Il (M. Boljkovac) dit ne pas avoir commandé cette unité", a déclaré son avocat, Me Anto Nobilo, qualifiant de "honteuse" son arrestation. Entretemps, M. Boljkovac a été transféré à Zagreb où il doit être entendu par un juge d'instruction.

L'arrestation de M. Boljkovac intervient à un mois des élections législatives convoquées pour le 4 décembre. La Croatie, appelée à adhérer à l'Union européenne en juillet 2013, est secouée par des scandales de corruption qui agitent le parti au pouvoir, la HDZ. La HDZ, en mauvaise posture selon les sondages, s'était engagée à plusieurs reprises à enquêter sur les crimes commis par les communistes et les partisans, une mesure perçue comme un geste en direction de l'électorat de droite.

"La Croatie enquête depuis 20 ans (depuis l'indépendance) sur tous les crimes" commis, a déclaré le Premier ministre Mme Jadranka Kosor sans autre commentaire à propos de l'arrestation de M. Boljkovac.

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