Ukraine : week-end de manifestations et de violences dans les rues de Kiev

Retour sur une mobilisation proeuropéenne et antigouvernementale inédite depuis la "révolution orange", en 2004.  

Ils n'ont pas l'intention d'abandonner. Plus de mille manifestants bloquent les accès au gouvernement ukrainien, dans le centre de Kiev, lundi 2 décembre. Conformément aux mots d'ordre lancés la veille, ils continuent de demander la démission du gouvernement et du président, Viktor Ianoukovitch. Ils protestaient à l'origine contre la non-signature d'un accord de partenariat avec l'Union européenne. Toutes les rues situées autour du siège du gouvernement ont également été bloquées par des automobilistes sympathisants de l'opposition.

Des milliers d'entre eux ont passé la nuit sur la place de l'Indépendance toute proche. A l'issue de cette mobilisation, les leaders de l'opposition ont appelé dimanche soir à occuper le quartier gouvernemental, dans le centre de Kiev, jusqu'à ce qu'ils obtiennent gain de cause. 

Alors que les autorités n'ont pas encore réagi, "les cadres de la municipalité ont appelé les employés de la mairie [elle aussi bloquée] à ne pas se rendre au travail, indiquant que la situation pouvait perdurer", précise RFI. 

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Les militants proeuropéens, mobilisés depuis l'annonce la semaine précédente du refus du président Viktor Ianoukovitch de signer un accord de partenariat avec l'UE, gardent espoir, le 28 novembre 2013. Les dirigeants européens sont en effet réunis à Vilnius (Lituanie), où ils tentent de convaincre le président ukrainien de se lancer dans cet accord d'association et de libre échange. STOYAN NENOV / REUTERS
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Près de 10 000 personnes sont rassemblées sur la place de l'Indépendance, dans le centre de Kiev, le 29 novembre 2013, dans une mer de drapeaux bleus et jaunes. Ils accusent Ianoukovitch d'avoir "détruit leur rêve" et déchirent des portraits du président. STOYAN NENOV / REUTERS
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Les nouvelles de Vilnius ne sont pas bonnes, le 29 novembre 2013, pour les militants favorables à un rapprochement avec l'UE. Viktor Ianoukovitch campe sur ses positions. Les militants décident de rester sur place. GLEB GARANICH / REUTERS
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Mais dans la nuit, les forces antiémeutes donnent l'assaut pour déloger le millier de militants encore rassemblés dans ce haut-lieu de la "révolution orange" de 2004 et 2005. Samedi 30 novembre 2013, au petit matin, un photographe de l'agence Reuters, Gleb Garanich, blessé à la tête, immortalise des scènes de violences, relayées par les médias proches de l'opposition. REUTERS
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Dans la journée de samedi, les manifestants poursuivent leur occupation de la place de l'Indépendance, comme ses jeunes mariés qui brandissent un drapeau européen. Pendant ce temps, les dirigeants des trois principales formations d'opposition et proeuropéenne, Batkivschina, Oudar du boxeur Vitali Klitschko et Svoboda, se réunissent pour décider de la position à adopter. GLEB GARANICH / REUTERS
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Ils choisissent la rue et lancent, pour le lendemain, une nouvelle journée de contestation. Dimanche 1er décembre 2013, l'ancien champion de boxe Vitali Klitschko (debout à droite), figure de l'opposition, rejoint les manifestants. SERGEI SUPINSKY / AFP
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Quelque 350 000 personnes défilent dimanche. Il s'agit de la plus grande mobilisation depuis la "révolution orange", neuf ans plus tôt. GLEB GARANICH / REUTERS
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La police ukrainienne repousse à coups de grenades assourdissantes des manifestants proeuropéens devant le palais présidentiel. Quelques instants plus tard, la mairie est investie par des groupes de jeunes nationalistes. VASILY MAXIMOV / AFP
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Les manifestants appellent à des élections anticipées ainsi qu'à une grève générale à partir de lundi 2 décembre 2013. GLEB GARANICH / REUTERS
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Les affrontements en marge de la manifestation font une centaine de blessés parmi les policiers, selon les autorités. La municipalité de Kiev, quant à elle, fait état de 53 personnes soignées par les services de secours, dont 14 hospitalisées, sans préciser si des policiers figurent parmi elles. VASILY FEDOSENKO / REUTERS
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Devant le bureau de l'administration présidentielle, dimanche 1er décembre 2013. Au vue de la mobilisation, Viktor Ianoukovitch déclare que son gouvernement a l'intention d'"accélérer" le rapprochement de son pays avec l'UE, avec l'envoi d'une délégation à Bruxelles. Mais parallèlement, le Premier ministre, Mykola Azarov, a annoncé la visite prochaine en Russie du président ukrainien, afin de renforcer la coopération entre Kiev et Moscou. VASILY MAXIMOV / AFP
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Des déclarations qui ne font pas cesser la mobilisation. Des manifestants se rassemblent près de barricades érigées place de l'Indépendance, à Kiev, lundi 2 décembre 2013. GLEB GARANICH / REUTERS