Ukraine : Ianoukovitch réapparaît à cinq jours du vote en Crimée

(Maxim Shemetov Reuters)

Pour la deuxième fois depuis sa destitution, l'ancien président de l'Ukraine s'est exprimé mardi depuis la Russie pour annoncer un prochain retour à Kiev et réaffirmer sa légitimité. Une déclaration alors que le dialogue est au point mort entre Washington et Moscou. A nouveau, Paris brandit la menace de sanctions à cinq jours du référendum en Crimée.

La crise ukrainienne n'a pas amorcé la désescalade exigée ces
derniers jours par les Etats-Unis et l'Union européenne. L'épisode mardi matin
d'une réapparition de l'ancien président de l'Ukraine réfugié en Russie semble
même de nature à compliquer la situation sous tension : Viktor
Ianoukovitch dit encore croire à "l'unité" de l'Ukraine, alors que le référendum
en Crimée est prévu dimanche.

Une discordance avec Moscou

Le président déchu a donné sa seconde conférence de presse au
même endroit que la première : en Russie à Rostov-sur-le Don, près de la
frontière ukrainienne. A un millier de kilomètres de Moscou, Viktor Ianoukovitch semble
avoir pris des distances plus que géographiques avec la position russe. Alors que le pouvoir russe soutient
le référendum prévu dimanche en Crimée
sur son rattachement avec la Russie, l'ancien
président ukrainien parle lui "d'unité" , au-delà "des troubles" . Ianoukovitch évoque aussi son
présent en se positionnant comme "le président légitime de l'Ukraine"  et son futur quand il promet qu'"il reviendra forcément à Kiev" . Un exercice d'auto-persuasion alors que Moscou ne lui a donné aucun gage d'avenir politique à Kiev.

Peu de contacts d'ici le référendum en Crimée

Moscou tarde à préciser ses intentions diplomatiques et les résultats
concrets des actions occidentales de la semaine dernière sont toujours attendus :
la visite de John Kerry à Kiev, les rencontres de Paris et
le sommet européen sur la crise ukrainienne. Ce ballet diplomatique semble même
avoir figé l'incompréhension entre la Russie et les Occidentaux.

Mardi, Paris a brandi à nouveau la menace de nouvelles sanctions si la Russie maintient la tension. Le Premier
ministre ukrainien doit se rendre à Washington mercredi, mais aucune rencontre décisive
n'est prévue d'ici le vote de dimanche en Crimée : le chef de la diplomatie américaine et son
homologue Sergueï Lavrov ne s'entendent toujours pas sur le contenu des
discussions. La crise ukrainienne continue finalement à se jouer sur le terrain des affaires
intérieures, avec ce mardi, la décision du Parlement de Crimée d'une déclaration
d'indépendance, une préparation concrète du réferendum.

Vous êtes à nouveau en ligne