L'ultimatum de David Cameron à l'Union européenne

Le Premier ministre britannique, David Cameron, quitte le 10 Downing Street à Londres (Royaume-Uni), le 9 janvier 2013.
Le Premier ministre britannique, David Cameron, quitte le 10 Downing Street à Londres (Royaume-Uni), le 9 janvier 2013. (JUSTIN TALLIS / AFP)

Le Premier ministre britannique a reporté une allocution sur l'UE en raison de la prise d'otages en Algérie. Mais Reuters a publié le discours qu'il devait prononcer, dans lequel il estime que l'UE est vouée à l'échec si elle ne résout pas trois défis.

David Cameron veut lancer un ultimatum à l'Union européenne. Son allocution, attendue depuis longtemps, a été reportée à la dernière minute en raison de la crise des otages en Algérie. Les conseillers du Premier ministre britannique ont indiqué qu'une nouvelle date serait prochainement annoncée. Mais l'agence Reuters a d'ores et déjà dévoilé le contenu du discours que David Cameron avait prévu de prononcer vendredi 18 janvier à Amsterdam (Pays-Bas).

Selon le Premier ministre conservateur, le Royaume-Uni risque de sortir peu à peu de l'UE, dont le projet est voué à l'échec si les 27 ne s'attaquent pas aux problèmes sérieux auxquels ils sont confrontés. Cameron prévoyait d'expliquer à ses partenaires que l'Union européenne est confrontée à trois défis : la crise de la dette dans la zone euro, l'effondrement de la compétitivité et le déclin du soutien public, en particulier au Royaume-Uni."Si nous ne répondons pas à ces défis, le danger est que l'Europe va échouer et que le peuple britannique va dériver vers la sortie", devait-il dire, selon des extraits de son discours diffusés par ses services.

"Il y a un fossé entre l'UE et ses citoyens"

Le chef du gouvernement devait présenter dans cette déclaration ses projets en vue d'une négociation du rôle de son pays au sein de l'UE et promettre la tenue d'un référendum sur l'accord qui pourrait éventuellement être conclu. 

Il devait également mettre l'accent sur la frustration croissante provoquée par un fossé grandissant entre l'UE et ses 500 millions d'habitants. "Il y a un fossé entre l'UE et ses citoyens qui n'a cessé de croître de manière spectaculaire au cours des années récentes, qui marque un manque de responsabilité démocratique et qui est ressenti de manière très vive en Grande-Bretagne", juge-t-il. 

Les sévères mesures d'austérité imposées dans plusieurs Etats de l'Union ne font qu'aggraver le problème, selon lui. "Les gens éprouvent de plus en plus de frustration à l'idée qu'ils ont de moins en moins leur mot à dire sur les décisions prises, que leurs conditions de vie sont entamées par une austérité forcée et que leurs impôts sont employés pour sauver des gouvernements à l'autre bout du continent", estime-t-il.