Mobilisation des routiers : "On ne peut pas être les salariés low cost de l'Europe"

Une mobilisation des routiers près de Chartres, en septembre 2017. (Photo d\'archives)
Une mobilisation des routiers près de Chartres, en septembre 2017. (Photo d'archives) (SEBASTIEN BLONDE / MAXPPP)

Mardi matin, les chauffeurs de camion se mobilisent contre la directive européenne sur les travailleurs détachés dont leur secteur a été exclu. Patrick Blaise, de l'Union fédérale route FGTE CFDT, dénonce une concurrence déloyale.  

Les transporteurs routiers se mobilisent une nouvelle fois contre leur exclusion de la directive européenne sur le travail détaché, mardi 21 novembre. Ils mènent, dans la matinée, une opération escargot à la frontière franco-belge, dans le cadre d'un appel national lancé par une intersyndicale. "Pourquoi est-ce qu'on serait les salariés exclus de l'Europe ?, s'interroge Patrick Blaise, secrétaire général de l'Union fédérale route FGTE CFDT, sur franceinfo. On ne peut pas être les salariés low cost de l'Europe. Aujourd'hui, on est déjà dans une situation très difficile où il n'y a pas suffisamment de contrôle. Il y a à peine 3 % de contrôles effectués."

Les chauffeurs routiers qui viennent des pays de l'Est ou "du fin fond du Portugal, qui font du cabotage en France sont très peu contrôlés. Avec des salaires issus de leurs pays qui sont bien moindres qu'en France ou en Allemagne, ils peuvent effectuer des marchés à moindre coût et mettre à mal la profession." Patrick Blaise insiste sur l'importance d'un salaire unique pour tous les travailleurs.

A partir du moment où vous venez travailler dans un pays comme la France, vous devez être rémunéré comme les Français. C'est comme ça que ça devrait être et pas autrement.Patrick Blaiseà franceinfo

Les nouvelles mesures européennes qui régissent les transports vont être moins favorables, estiment les routiers. "Les pays de l'Est commencent à nous tirer par le bas. Ils veulent absolument allonger les temps de conduite, insiste Patrick Blaise. On sait qu'il n'y a pas beaucoup de contrôles chez eux. On sait qu'il y a des conducteurs qui partent un mois, un mois et demi en dehors de la maison. Les conducteurs mangent dans leurs camions avec des conditions de vie exécrables. Cela n'est pas acceptable."

Une opération escargot est prévue à la frontière franco-belge, dans le cadre d'un appel national lancé par une intersyndicale. Le cortège devait partir à 6 heures de la Bourse du travail de Lille, pour se diriger vers Rekkem, en Belgique, à une trentaine de kilomètres. Des actions sont également prévues à la frontière avec l'Italie et l'Espagne.

Mobilisation des routiers : "On ne peut pas être les salariés low cost de l'Europe" - Patrick Blaise, de l'Union fédérale route FGTE CFDT
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