Blocage sur les nominations européennes : "Il y aura un dénouement dans les prochaines heures"

Stéphane Séjourné, député LREM qui préside la délégation française au sein du groupe Renew Europe, le 15 février 2019.
Stéphane Séjourné, député LREM qui préside la délégation française au sein du groupe Renew Europe, le 15 février 2019. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Les 28 pays membres de l'Union européenne doivent s'entendre mardi sur leur nouvelle équipe dirigeante. Le chef du groupe LREM au Parlement européen, Stéphane Séjourné, prédit un accord dans la journée.

"Il y aura un dénouement dans les prochaines heures", a estimé mardi 2 juillet sur franceinfo, Stéphane Séjourné, député La République en marche (LREM) qui préside la délégation française au sein du groupe Renew Europe. Le sommet européen sur les principales nominations aux postes clés de l'Union a été suspendu lundi après-midi, il reprend mardi. Pour Stéphane Séjourné, le "blocage institutionnel" est lié à la "recomposition" lors des élections qui "a déstabilisé" le PPE (conservateurs).

L'élu a indiqué qu'"est en train d'être discuté" le choix de Pascal Canfin pour prendre la tête d'une grande commission sur l'environnement et que la commission Défense "pourrait être présidée par Nathalie Loiseau". "Nous donnons une image de l'Europe qui n'est pas sérieuse", avait déclaré lundi Emmanuel Macron à l'issue de ce Conseil européen.

franceinfo : Un nom semble se dégager pour la présidence de la Commission européenne, celui du Néerlandais Frans Timmermans. N'est-ce pas étonnant de confier la présidence à un social-démocrate alors que c'est la droite qui a remporté les élections européennes ?

Stéphane Séjourné : Ce n'est pas fait, on rentre dans un système de blocage. Je pense qu'on pourra avoir un dénouement aujourd'hui dans l'après-midi. C'est dû à deux phénomènes, à la fois la recomposition politique : les deux grands partis avaient pris l'habitude de cogérer ensemble, d'avoir un phénomène de cooptation des postes, de répartition des postes techniques. Ce phénomène est terminé. Aujourd'hui, on se retrouve avec plusieurs forces politiques au sein du Parlement, personne n'a la majorité. La force que nous composons avec la délégation Renaissance fait partie aussi d'une force centrale qui va jouer ce rôle d'équilibre au Parlement européen.

Il y a eu aussi un problème au sein du PPE. Cette recomposition a déstabilisé cette grande formation politique des conservateurs politiques de droite et qui aujourd'hui provoque ce blocage institutionnel. Les deux phénomènes, la recomposition avec une force centrale et le blocage au sein du PPE marque un coup d'arrêt au Conseil. Il y aura un dénouement dans les prochaines heures. L'image donnée par l'institution est quand même très mauvaise. Cette procédure, l'ensemble du système de décision du Conseil européen, doit être revu pour les prochaines années, c'est sûr.

Pascal Canfin, numéro 2 de la liste Renaissance, pourrait prendre la tête d'une grande commission sur l'environnement. Est-ce vrai ?

Oui, c'est ce qui est en train d'être discuté ici. La commission Défense aussi, qui pourrait être présidée par Nathalie Loiseau. C'est une des commissions qui a un intérêt pour nous. On défend évidemment une forme de défense européenne plus intégrée, une armée européenne. C'est un des sujets politiques sur lesquels nous allons travailler pendant le quinquennat.

Il y aura dans toutes les autres commissions des responsabilités prises. Ici, on travaille avec des coordinateurs qui ont la responsabilité des politiques dans les commissions, la délégation française pour ce qui me concerne, il y aura des positions importantes dans ce futur parlement européen qui siègera pour la première fois aujourd'hui.

C'est l'Allemand Manfred Weber, que Nathalie Loiseau avait traité "d'ectoplasme", qui devrait être élu président du Parlement européen. Voterez-vous pour lui ?

Pour l'instant, on n'en est pas là. En ce qui nous concerne, Manfred Weber ne peut pas être pas bon pour le Conseil européen, en tout cas pas bon pour la Commission et bon pour le Parlement. Il faudra avoir une discussion là-dessus. Je n'ai pas aujourd'hui d'informations sur le fait que Manfred Weber serait président du Parlement. Ce sont les parlementaires qui votent. Le Conseil, ce sont les chefs d'État et de gouvernements et ce ne sont pas les chefs d'États et de gouvernements qui décident [pour le Parlement]. Il y aura une discussion entre les groupes, au sein de mon groupe également et on décidera qui présidera cette institution pour les cinq ans qui viennent.

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