Sicile : au moins 50 morts dans les inondations

Les fortes averses ont provoqué des crues soudaines, éboulements et coulées de boue dont une sur 3,5 kilomètres.
Les fortes averses ont provoqué des crues soudaines, éboulements et coulées de boue dont une sur 3,5 kilomètres. (© F2)

Au moins 50 personnes sont mortes et une trentaine portées disparues dimanche en Sicile

Au moins 50 personnes sont mortes et une trentaine portées disparues dimanche en SicileAu moins 50 personnes sont mortes et une trentaine portées disparues dimanche en Sicile

Vingt neuf blessés se trouvent toujours à l'hôpital, tandis que 564 habitants de la région, privés de leurs maisons submergées par la boue, étaient hébergés dans des logements de fortune, selon le porte-parole de la Protection civile dans l'île.

Sur le terrain, les bulldozers continuent de creuser pour tenter de retrouver des corps.

Les équipes de la protection civile et les pompiers, appuyés par quatre unités cynophiles et 200 volontaires, continuent de déblayer les décombres. Quelques villages sont encore complètement isolés, a constaté un photographe de l'AFP. Les routes sont coupées et la seule voie praticable est la voie ferrée sur laquelle les secouristes se déplacent à pied.

C'est le Cavaliere lui-même, le premier ministre Silvio Berlusconi, qui a donné ce nouveau bilan des victimes des inondations de jeudi soir. "Au bout du compte, il y aura au moins 50 morts" a affirmé Berlusconi faisant une référence pessimiste à la trentaine de personnes portées manquantes. Il a également annoncé dimanche à Messine, que les habitants des régions dévastées par le glissement de terrain en Sicile bénéficieraient d'un moratoire pour le paiement de leurs impôts et a promis la construction rapide de maisons. "Nous bloquerons les impôts et les remboursements de crédit pour les habitants des zones touchées par le glissement de terrain. (...) La reconstruction coûte trop cher et n'est pas sûre. Donc, nous ferons comme à l'Aquila de nouvelles habitations dans d'autres zones, mais toujours à l'intérieur du tissu urbain".

De fortes averses dans la nuit de jeudi à vendredi ont provoqué des crues soudaines, éboulements et coulées de boue dont une sur 3,5 km, obstruant les voies de communication entre Messine et plusieurs localités côtières situées au sud de la ville sicilienne.

"La plupart des morts et blessés graves se trouvaient dans deux immeubles qui se sont effondrés sous l'effet de la coulée de boue", a fait savoir la protection civile en Sicile. Les blessés, au moins une soixantaine, ont dû être transportés sur la plage puis sur des bateaux de la capitainerie de Messine jusqu'au port, où des ambulances les ont ensuite acheminés vers les hôpitaux de la région. Les blessés graves ont été transportés en hélicoptère, selon la protection civile.

La capitale de l'île, Palerme, a été également touchée. Des automobilistes sont restés bloqués dans leur voitures par le mauvais temps, le service des urgences d'un hôpital a été inondé. Les intempéries n'ont cependant pas fait de victimes à Palerme.

Début de polémique


Le président de la Région Raffele Lombardo a été hué dimanche matin à son arrivée à la Préfecture par des habitants qui criaient : "il a fallu des morts pour vous faire venir à Messine".

Plusieurs responsables ont parlé de désastre annoncé, critiquant l'incurie des plans d'aménagement avec notamment une absence de systèmes d'évacuation des eaux. En trois heures, 250 mm de précipitations sont tombés sur la région.

Se défendant de vouloir polémiquer, le chef de la protection civile Guido Bertolaso a critiqué l'anarchie immobilière dans la zone. "Il est évident que la protection civile ne peut pas résoudre les problèmes de déséquilibre hydrogéologique créés par les constructions illégales", a-t-il souligné. "C'est un territoire déjà très fragile, et on a fait preuve d'une incurie totale avec notamment un manque de tout-à-l'égoût", a déclaré le président de l'ordre régional des géologues, Gian Vito Graziano.

"La tragédie de Messine? Tout est la faute de l'incurie et du manque d'attention pour l'environnement. L'homme politique ne pense pas au paysage parce qu'il veut surtout satisfaire son ami qui veut construire" une maison, a dénoncé la présidente du Fonds italien pour l'Environnement (FAI), Giulia Maria Mozzoni Crespi.

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