Sarkozy : une taxe sur les transactions financières est "indispensable"

Le président de la République Nicolas Sarkozy, lors de la première journée du G20 à Cannes (Alpes-Maritimes), le 3 novembre 2011.
Le président de la République Nicolas Sarkozy, lors de la première journée du G20 à Cannes (Alpes-Maritimes), le 3 novembre 2011. (TANGUY HUGUES / CITIZENSIDE.COM / AFP)

Le président de la République a réaffirmé la nécessité de réguler les marchés pour lutter contre la spéculation, jeudi en fin d'après-midi, dans le cadre du G20.

"Techniquement possible, financièrement indispensable, moralement incontournable." C'est ainsi que Nicolas Sarkozy a qualifié l'instauration d'une taxe sur les transactions financières jeudi 3 novembre, lors d'une conférence de presse tenue dans le cadre du G20, à Cannes (Alpes-Maritimes). Cette taxe est ardemment défendue par l'Allemagne et la France, mais critiquée par d'autres pays du G20.

"L'explosion de l'euro signifierait l'explosion de l'Europe", a par ailleurs menacé le chef de l'Etat. Voici le résumé des principales annonces de Nicolas Sarkozy lors de cette allocution :

 

• A quoi servirait une taxe sur les transactions financières ?

Ce serait un impôt prélevé sur les actions, les obligations, les produits dérivés et les produits financiers structurés. A l'origine, elle portait le nom de son théoricien dans les années 1970, James Tobin. Pour Slate.fr, la taxe toucherait "trois millions de milliards d’euros échangés chaque année dans la finance". "Depuis quinze ans, les altermondialistes et quelques économistes comme l’ancien chef économiste de la Banque mondiale Joseph Stiglitz la réclament", précise le site. Au contraire, les économistes libéraux font tout pour empêcher sa création.

Ses partisans la voient comme "un moyen potentiel pour l'Union européenne et les Etats-Unis d'ôter de la volatilité aux marchés". Elle permettrait de "faire payer au monde une partie au moins du coût des opérations publiques de sauvetage menées depuis l'automne 2008", précise de son côté Le Figaro dans un article publié fin septembre.

• Qui est pour, qui s'y oppose ?

Bruxelles a finalement sauté le pas fin septembre. La Commission européenne a ainsi proposé une taxe européenne sur les transactions financières à partir de 2014. Les chiffres avancés par l'exécutif communautaire portent sur un impôt de 0,1 % sur les échanges d'actions et d'obligations et de 0,01 % sur les échanges de produits dérivés. Selon cette proposition, les transactions réalisées à l'extérieur de l'Europe seraient également taxées. La taxe ne concernerait en revanche pas les particuliers. 

Parmi les Etats réunis à Cannes, cette taxe est loin de faire l'unanimité. Les ministres des Finances du G20 l'avaient rejetée massivement à la mi-octobre. La France y est favorable, avec l'Allemagne. En revanche, le Royaume-Uni, le Japon, l'Inde ou le Brésil y sont opposés. 

Aux Etats-Unis, le gouvernement est contre l'instauration de cette taxe, mais ce n'est pas le cas de certains élus du parti démocrate, celui du Président américain, Barack Obama. Le représentant (équivalent du député en France) Peter DeFazio et le sénateur Tom Harkin ont proposé mercredi qu'une taxe de 0,03 % sur les échanges d'actions, d'obligations et de produits dérivés entre en vigueur à partir de 2013.

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