Royaume-Uni. Trois Kényans pourront poursuivre Londres pour des crimes coloniaux

Sur la gauche de l\'image, Wambugu wa Nyingi, Jane Muthoni Mara et Paulo Nzili, les trois Kenyans qui ont obtenu le droit de poursuivre le Royaume-Uni.
Sur la gauche de l'image, Wambugu wa Nyingi, Jane Muthoni Mara et Paulo Nzili, les trois Kenyans qui ont obtenu le droit de poursuivre le Royaume-Uni. (CARL COURT / AFP)

Ils affirment avoir été torturés lors de la féroce répression de la révolte des Mau-Mau par les autorités britanniques entre 1952 et 1960.

EUROPE - Trois Kenyans pourront poursuivre le Royaume-Uni en justice. La Haute Cour de Londres leur a accordé, vendredi 5 octobre, le droit de poursuivre la Grande-Bretagne pour des crimes commis à leur encontre il y a plus de 50 ans, lors de la féroce répression de la révolte des Mau-Mau par les autorités britanniques. Le ministère des Affaires étrangères a immédiatement fait part de son intention de faire appel.

Le juge Richard McCombe a estimé "qu'un procès équitable restait possible" en raison de la présence de "preuves pertinentes", donnant ainsi tort au gouvernement britannique qui réclamait la prescription des faits. La femme et les deux hommes âgés de 60 à 70 ans affirment avoir été torturés et victimes d'abus sexuels alors qu'ils étaient en détention dans un camp britannique. 

Une plainte pour des compensations et des excuses 

Ils avaient gagné une première manche devant la justice britannique l'an dernier, lorsque cette dernière avait jugé recevable leurs plaintes en vue d'obtenir des compensations et des excuses. Le ministère des Affaires étrangères avait admis l'existence de tortures pendant la répression, mais avait saisi la Haute Cour en juillet 2012, faisant valoir qu'un procès ne saurait se dérouler plus d'un demi-siècle après les faits, en raison de la disparition de nombreux témoins et pièces à conviction. 

La répression de la révolte des Mau-Mau, des guérilleros principalement issus de la communauté kikuyu dans le centre du pays, a fait plus de 10 000 morts entre 1952 et 1960.

 

Vous êtes à nouveau en ligne