REPORTAGE | Ukraine : la destitution du directeur de la TV de Donetsk

(Antoine Giniaux Radio France)

REPORTAGE | Les séparatistes, continuent leur progression dans l'est de l'Ukraine. Ils ont pris mardi le contrôle de plusieurs bâtiments à Lougansk. Et à Donetsk, ils contrôlent désormais la télévision publique. La principale chaîne locale, canal 27, a arrêté d'émettre remplacée par les chaines russes. Antoine Giniaux  et Arthur Gerbault étaient présent, en train de l'interroger, quand le directeur de cette chaîne a été destitué.

Ils ont sur la tête des bérets verts ou des cagoules. Les miliciens
s'engouffrent dans les escaliers, et ouvrent la porte du bureau,  deux feuilles de papier à la main : "Nous vous destituons de votre poste de
directeur général". Le communiqué est 
lapidaire. En face, Oleg 
Djolos se lève, et réplique : "Pour le moment, mon départ n'a pas été validé par le président du groupe
de télévision. Votre décision n'est pas légitime".

Mais rapidement le ton monte : "Pourquoi votre chaine n'a jamais montré les jeunes qui meurent "
lance une femme. Vos employés nous ont dit qu'ils voulaient filmer ce qui se
passe dans les points chauds, mais vous leur avez interdit. Moi je paie et pour
mon argent, je veux voir ce que j'ai envie de voir."

"Nous allons créer ici une chaîne pour le peuple"

Au milieu des uniformes, un jeune s'avance, visage carré, costume un
peu  grand. Nicolai Botcharev se présente comme le nouveau responsable et ancien
étudiant en économie : "Moi, J'ai
lu beaucoup de livres et puis étudié d'autre choses aussi, et sur cette base de
connaissances, en principe, je conviens mieux que personne pour ce poste.  Nous allons créer ici une chaine pour le
peuple. Le directeur ici, n'arrivait pas a montrer avec l'intégrité ce qui se
passe dans le pays, il ne remplissait pas ses fonctions..."

La police arrive, constate sans bouger le départ du directeur poussé
vers une vieille Lada.

 A côté, Irina chef opérateur soupire. "On ne sait pas ce qu'on va
devenir dit-elle. Ce que va faire le pouvoir à Kiev, et ce que vont faire les
séparatistes. Eux aussi ils font partie de notre peuple. Mais tout est flou. On
a peur de l'inconnu".

 

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