Siemens et Alstom on signé un protocole d'accord, l'Etat français ne sera pas actionnaire du nouveau groupe

Une maquette de train à grande vitesse Alstom, au siège de la société, à Saint-Ouen, le 4 mai 2017.
Une maquette de train à grande vitesse Alstom, au siège de la société, à Saint-Ouen, le 4 mai 2017. (GONZALO FUENTES / REUTERS)

Le groupe allemand Siemens entre au capital du groupe français Alstom à hauteur de 50%.

Siemens monte à bord d'Alstom. L'alliance entre les deux groupes ferroviaires a été signée, selon les informations obtenues par France 2 et confirmées par un communiqué commun, mardi 26 septembre. Le groupe sera coté en France et son siège sera installé en région parisienne. La direction du groupe sera assurée par le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge "avec 50% du capital de la nouvelle entité détenu par Siemens", précisent les deux entreprises. L'Etat français, qui siège actuellement au conseil d'administration d'Alstom, via des actions prêtées par Bouygues, "confirme mettre fin au prêt de titres (...) au plus tard le 17 octobre 2017", ajoute encore le communiqué d'Alstom et Siemens. 

En fusionnant, les deux entreprises donnent naissance à un groupe de 15,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires programmé et deviennent le numéro 2 mondial pour le matériel ferroviaire roulant, et le numéro 1 pour la signalisation. Alstom est connu pour fabriquer les rames de TGV français et italien, et la plupart des réseaux de tramway en France. Siemens a conçu et produit les navettes aéroportuaires d’Orly et de Roissy, et automatisé la ligne 1 du métro parisien. 

L'opération inquiète les syndicats

Si les deux groupes ferroviaires assurent se rapprocher "dans une fusion entre égaux", l'opération inquiète les syndicats, qui craignent des réductions d'effectifs à moyen terme, après le maintien pendant quatre ans. "On ne peut pas se permettre de vider les sites français pour remplir les sites allemands, et inversement. Il faut absolument qu’il y ait un accord équilibré", avait déclaré Claude Mandart, de la CFE-CGC Alstom, à France 2. Du côté des politiques, le président LR de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, déplore cette opération qui "ne construit pas un champion européen mais un champion allemand".

Car Siemens, plus rentable qu'Alstom, apparaît comme le gagnant de l'opération. L'économiste Elie Cohen estime d'ailleurs que cette opération s'apparente davantage à une absorption d'Alstom par Siemens qu'à une alliance entre égaux. "La plupart du temps, quand on parle d’un Airbus de quelque chose, c’est pour dissimuler une cession pure et simple. Si Siemens a la majorité du capital, Siemens gouvernera."

Signé après le discours d'Emmanuel Macron, qui a présenté mardi ses propositions pour l’avenir de l’Union européenne, cet accord entre les deux fleurons industriels est aussi un signal positif envoyé par la France à Berlin pour la construction de géants européens.

Vous êtes à nouveau en ligne