Pour la presse russe, Poutine "ne peut pas tromper le peuple"

Portrait de Vladimir Poutine sur un drapeau à Moscou (Russie), le 4 mars 2012.
Portrait de Vladimir Poutine sur un drapeau à Moscou (Russie), le 4 mars 2012. (JOHN MACDOUGALL / AFP)

La presse russe estime, lundi, que le Premier ministre a perdu en légitimité et devra désormais tenir compte de l'opition de la société civile. 

Il a beau se targuer d'une victoire écrasante, Vladimir Poutine sera confronté à une perte de légitimité pendant son troisième mandat au Kremlin. C'est le pronostic livré par la presse russe non-officielle, lundi 5 mars, au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle.

L'homme fort de la Russie, qui a déjà présidé le pays entre 2000 et 2008, a remporté la présidentielle avec près de 64% des voix, selon les résultats quasi définitifs annoncés par la commission électorale centrale. Comment la presse russe accueille-t-elle son élection ?

"La récréation est finie"

"Vladimir Poutine a remporté la présidentielle avec un bon écart", mais le pouvoir "n'a pas réussi à augmenter sa légitimité" mise à mal par le mouvement de contestation de ces derniers mois, écrit le quotidien économique Vedomosti (article en russe).

Pour le journal d'opposition Novaïa Gazeta (article en russe), "la récréation est finie". "On peut tenir les élections, mais on ne peut pas tromper le peuple", écrit aussi ce journal. "L'élection a été menée selon un procédé qui n'assure pas la légitimité du vainqueur", souligne le chroniqueur du journal, Kirill Rogov.

Des témoignages et des vidéos sur des fraudes électorales observées dans tout le pays ont afflué dimanche lors du scrutin présidentiel. 

"Victoire" de la société civile

Le quotidien Novye Izvestia (article en russe) souligne pour sa part que la société civile, qui s'est en partie opposée au retour de Vladimir Poutine au Kremlin, peut aussi "fêter sa victoire", jugeant que l'ex-agent du KGB "devra désormais tenir compte de l'opinion de la minorité".

"Nous nous sommes réveillés dans un autre pays (...). La société a pour la première fois depuis 2000 forcé le pouvoir à se faire entendre", ajoute le journal.

Percée du milliardaire Prokhorov

Le ton n'est pas le même du côté du quotidien officiel Rossiïskaïa Gazeta (article en russe), qui souligne que "l'élection a été un moment de vérité" pour la Russie.

Selon Nezavissimaïa Gazeta (article en russe), "la principale sensation" du scrutin est la troisième place du milliardaire Mikhaïl Prokhorov, novice en politique qui, avec plus de 7% des voix, a devancé les vétérans de la scène politique, le nationaliste Vladimir Jirinovski et l'ancien président du Sénat russe, Sergueï Mironov.

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