Pour rester dans l'UE, Cameron pose ses conditions... "problématiques", selon Bruxelles

(La lettre de David Cameron à Donald Tusk © REUTERS/Dylan Martinez)

Un référendum est prévu en Grande-Bretagne d'ici 2017. Le Premier ministre a envoyé mardi un courrier aux institution européennes, qui reprend les conditions qu'il pose pour que son pays reste dans l'Union européenne.

Nos demandes pour rester dans l'Union européenne ne sont "pas excentriques ou absurdes",  a déclaré mardi David Cameron, elles sont "justes et raisonnables".  Elles portent sur quatre domaines déjà connus, mais que le chef du gouvernement britannique a détaillé pour la première fois - sur sa page Facebook

D’abord, la protection pour les pays hors de la zone euro : pas de discrimination pour ceux qui ont une autre monnaie. Ensuite, la compétitivité : renforcer le marché unique et alléger la bureaucratie. La souveraineté également : Cameron souhaite qu’un groupe de Parlements nationaux puisse opposer son veto à une décision européenne. Et enfin, le contrôle de l’immigration par la limitation des aides sociales.

"Des préoccupations exprimées de façon mesurée et constructive "

"Nous croyons fortement" , dit David Cameron, "que si un pays majeur de l’UE a des préoccupations majeures exprimées de façon mesurée et constructive depuis des années, alors il est en droit d’attendre qu’on réponde à ses préoccupations".   Le problème, c'est que certains changements supposent une modification des traités européens, qui peut passer par un accord légal préalable au référendum.

David Cameron n’écarte pas une sortie de l’UE s’il n’obtient pas satisfaction mais il se montre confiant. Il compte bien faire campagne pour rester dans une UE réformée. Mais plusieurs demandes pourraient toutefois poser problème, en particulier le délai de quatre ans avant qu’un immigré européen puisse prétendre à des aides sociales au Royaume-Uni.

Des demandes "problématiques ", d'autres "faisables "

Certaines demandes sont "hautement problématiques" , a rapidement fait savoir la Commission européenne. Pas toutes, cependant : "De prime abord, nous estimons qu'un certain nombre d'éléments sont faisables, comme trouver un moyen d'accroître le rôle des Parlements nationaux, que d'autres sont difficiles, comme celui d'une union toujours plus étroite et celui des relations entre membres et non membres de la zone euro, et que certains sont hautement problématiques dans la mesure où ils ont trait aux libertés fondamentales sur le marché intérieur" , selon le porte-parole Margaritis Schinas.

C'est justement cette histoire d'aides sociales. "La discrimination directe entre citoyens européens entre clairement dans cette catégorie" .

Un peu moins tranché - il se garde bien de prendre position -, le président du Conseil européen Donald Tusk se borne à constater que les négociations peuvent commencer. Des consultations bilatérales seront lancées la semaine prochaine.