Porochenko et Poutine se serrent la main, mais la tension reste vive

(Vladimir Poutine, Catherine Ashton, Alexander Lukashenko et Petro Porochenko doivent participer à une réunion d’un sommet régional à Minsk © REUTERS/Grigory Dukor)

Le président ukrainien Petro Porochenko et son homologue russe Vladimir Poutine se sont parlés ce mardi à Minsk en Biélorussie. Ils ont convenu d'une nécessaire "désescalade" en Ukraine. L’ambiance est tendue alors que des parachutistes russes ont été capturés par l’armée ukrainienne lundi soir et que leurs témoignages vidéos ont été diffusés.

L'image est forte. Une poignée de main entre les présidents Poutine et Porochenko, quelques instants avant la réunion d’un sommet régional à Minsk. Samedi, le chef d'Etat ukrainien annonçait vouloir oeuvrer pour la paix dans la région de l’Est séparatiste.

Le président Porochenko a estimé que le seul moyen de mettre fin au conflit était de renforcer les contrôles à la frontière et d'arrêter les livraisons d'armes aux rebelles séparatistes. Et il s'est dit prêt à discuter de toutes ces options en vue d'apaiser les tensions nombreuses et a affirmé que toutes les parties présentes ont soutenu son plan de paix.

Dégel en cours malgré les tensions

Le chef de l'Etat ukrainien et Vladimir Poutine se sont également parlés lors d'un entretien bilatéral, convenant d'une nécessaire "désescalade " militaire dans l'est de l'Ukraine. A l'issue de cet entretien, Vladimir Poutine s'est dit prêt à "tout faire " pour le "processus de paix si celui-ci commence ". Le chef du Kremlin a également, et pour la première fois, admis que des troupes russes étaient peut être entrées en Ukraine lors d'une patrouille frontalière.

Les tensions restent toutefois nombreuses. Dernier épisode en date, ce mardi matin ; l’état-major ukrainien a informé que des parachutistes russes ont été arrêtés la veille au soir près de Dzekalné, à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec la Russie. Ce jour là, des dizaines de blindés venus de Russie avaient passé la frontière et combattus les gardes ukrainiens. Les véhicules se dirigeaient vers la ville industrielle de Marioupol. Des combats se dérouleraient toujours dans ce secteur.

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Une frontière franchie accidentellement ?

Côté russe, l’arrestation des parachutistes a été confirmée par une source militaire. Il s’agit là d’une première preuve matérielle de la participation des forces régulières russes dans les combats en Ukraine, en proie depuis plus de quatre mois à une insurrection armée prorusse.

D'après une source au ministère russe de la Défense citée par l'agence de presse RIA, il s'agirait d'un "accident". Le groupe de soldats russes capturés aurait franchi la frontière dans l'est de l'Ukraine par erreur. Dans une des vidéos diffusées par l’état-major ukrainien où témoignent certains parachutistes captifs, le caporal Ivan Miltchakov s’explique. "Nous avancions en colonnes dans des champs, pas sur la route. J'ai deviné (être en Ukraine, ndlr) quand on a commencé à nous bombarder. Je ne sais pas à quel moment on a traversé la frontière ", dit-t-il dans une vidéo largement diffusée dans les médias.

"C'est la guerre entre l'Ukraine et la Russie "

Un autre parachutiste, Ivan Romantsev, explique lui qu'il pensait dans un premier temps participer à des "manoeuvres ", pour lesquelles on leur avait demandé de couvrir de peinture blanche les numéros de leurs véhicules. "Quand on a fait exploser mon blindé, j'ai commencé à avoir peur. J'ai compris que ce n'était pas des manoeuvres ", raconte-il, ajoutant : "Je me suis rendu compte qu'ici c'est la guerre entre l'Ukraine et la Russie (...) Ce que raconte la télévision russe ne correspond pas à la réalité ".

Moscou insiste sur l'aide qu'ils veulent apporter aux civils. Lundi, ils ont annoncé l’arrivée d’un deuxième convoi humanitaire dans les prochains jours. Une initiative qui crispe Porochenko.