Plus de 150.000 catholiques se sont rassemblés dimanche place Saint-Pierre au Vatican en soutien à Benoît XVI

Le pape Benoît XVI à Fatima
Le pape Benoît XVI à Fatima (AFP / PHOTO PAULO CUNHA)

A l'initiative de la Conférence épiscopale italienne, représentants d'associations, hommes politiques et fidèle se sont massés devant le balcon du pape pour prier avec lui.L'ampleur de ce rassemblement de soutien à Benoît XVI face au récent scandale des prêtres pédophiles est un "réconfort" pour lequel le pape a exprimé sa "vive reconnaissance".

A l'initiative de la Conférence épiscopale italienne, représentants d'associations, hommes politiques et fidèle se sont massés devant le balcon du pape pour prier avec lui.

L'ampleur de ce rassemblement de soutien à Benoît XVI face au récent scandale des prêtres pédophiles est un "réconfort" pour lequel le pape a exprimé sa "vive reconnaissance".

Retour du voyage pontifical au Portugal

Le pape "très content" de son voyage au Portugal est revenu vendredi "réconforté", a déclaré samedi son porte-parole.

Benoît XVI a bouclé vendredi son pèlerinage au Portugal par une dernière grande messe à Porto où, comme à Lisbonne mais surtout à Fatima, une foule de fidèles enthousiastes lui a manifesté son soutien malgré la crise des scandales pédophiles.

Le pape Benoît XVI a célébré vendredi matin une messe en plein air à Porto (nord), deuxième ville du Portugal. Jeudi, un "demi-million" de fidèles ont assisté à la messe célébrée par le pape à Fatima.

Sur le scandale des abus pédophiles commis par des prêtres, "le pape a fait remarquer que les souffrances et les difficultés de l'Eglise viennent aussi, en particulier, de son propre sein, c'est à dire du fait que nous somme pécheurs", a déclaré samedi son porte-parole, le père Federico Lombardi.

L'Eglise y a vu un "message" de soutien au pape, qui montre que les chrétiens "font la distinction" entre les cas pédophiles et "la très grande majorité" des prêtres.

Cette affluence démontre selon le Vatican que le scandale des abus sexuels n'a pas "affaibli" le soutien des fidèles au pape. "Alors qu'on pouvait penser que le scandale des abus pourrait affaiblir la vitalité et l'attention envers le pape, il n'en est rien", a affirmé son
porte-parole le père Lombardi.

Afin de donner plus de poids à son discours, le pape a fait référence au "troisième secret de Fatima" dont il a actualisé l'interprétation. Alors que Jean Paul II y voyait une prophétie de l'attentat contre lui en 1981, Benoît XVI l'a élargi à "toutes les souffrances de l'Eglise".

Le prédécesseur de Benoît XVI avait d'ailleurs offert au sanctuaire la balle qui l'avait grièvement blessé, et qui est aujourd'hui enchâssée dans sa couronne. Jean-Paul II était en effet convaincu que la Vierge de Fatima lui avait sauvé la vie lors de l'attentat commis contre lui le 13 mai 1981 à Rome.

Selon la foi catholique, la Vierge aurait révélé aux bergers de Fatima en 1917 trois "secrets", jugés prophétiques de l'Histoire du 20e siècle.

Si les deux premiers "secrets" étaient connus depuis le début des années 40, le troisième n'a été rendu public qu'en mai 2000 lors de la dernière visite de Jean Paul II à Fatima, la hiérarchie catholique "révélant" alors qu'il prédisait l'attentat contre le pape polonais.

Mardi, dans l'avion qui l'amenait au Portugal, Benoît XVI avait élargi l'"interprétation" de ce secret à la lumière de la crise qui secoue l'Eglise depuis le début, en novembre, de la vague de scandales pédophiles impliquant des membres du clergé, en Europe et partout dans le monde.

Le pape avait déclaré qu'"en plus de cette grande vision de la souffrance du pape", le message de Fatima faisait aussi référence aux "réalités de l'avenir de l'Eglise qui peu à peu se développent et se manifestent". "Il est vrai qu'au-delà (...) de la personne du pape (...), ce sont des souffrances de l'Eglise qui sont annoncées", avait déclaré Benoît XVI.

Mercredi soir, célébrant les vêpres avec plusieurs milliers de membres du clergé portugais, le pape les a appelés à rester "fidèles" à leur "vocation" et à s'"aider réciproquement" à "rester debout". "Réservez une attention particulière aux situations d'affaiblissement des idéaux sacerdotaux ou bien au fait de se consacrer à des activités qui ne s'accordent pas complètement avec ce qui est le propre d'un ministre de Jésus Christ", leur a-t-il conseillé.

Benoît XVI est le troisième pape à se rendre en pèlerinage à Fatima, après Paul VI en 1967, puis Jean Paul II en 1982, 1991 et 2000.

Nouveaux propos controversés
A bord de l'avion qui le conduisait à Lisbonne, Benoît XVI avait affirmé mardi que "la plus grande persécution de l'Eglise ne vient pas d'ennemis extérieurs mais naît du péché de l'Eglise", rompant avec les réflexes de forteresse assiégée de certains responsables du Vatican.

Durant sa visite, le pape a aussi appelé le Portugal à renouer avec ses valeurs chrétiennes.

Il a dénoncé avec force à Fatima l'avortement et le mariage homosexuel qui figurent selon lui parmi les "défis les plus insidieux et les plus dangereux", alors que le Portugal s'apprête à autoriser le mariage gay et a légalisé l'interruption volontaire de grossesse.

Après la messe à Porto, le souverain pontife prononcera un dernier discours d'adieu à l'aéroport international, avant de s'envoler pour Rome. Des milliers de catholiques italiens étaient appelés à lui apporter leur soutien place Saint-Pierre, dimanche, pour ce que certains médias appellent déjà le "papa day".

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