Migrants : une capitaine du "Sea Watch 3" refuse d'être décorée par la Ville de Paris

Pia Klemp, une des capitaines du \"Sea Watch 3\", a refusé une médaille de la Ville de Paris. 
Pia Klemp, une des capitaines du "Sea Watch 3", a refusé une médaille de la Ville de Paris.  (SEA WATCH)

Elle estime que la capitale n'est pas solidaire des migrants et demandeurs d'asile.

Une décoration mal placée selon la capitaine du Sea Watch 3. Pia Klemp, une des capitaines allemandes du navire de sauvetage, a annoncé sur Facebook mardi 20 août qu'elle refusait une décoration de la Ville de Paris, s'estimant en désaccord avec le traitement réservé aux migrants par la politique de la capitale.

La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, avait fait part le 12 juillet dernier de sa volonté de remettre la médaille Grand Vermeil (le plus haut grade des décorations) aux deux capitaines allemandes du Sea Watch 3, Carola Rackete et Pia Klemp, pour leur action de sauvetage de migrants en Méditerranée.

Confusion entre les pouvoirs de l'Etat et ceux de la Ville

"Madame Hidalgo, vous voulez me décorer pour mon action solidaire en mer Méditerranée (...). Simultanément, votre police vole les couvertures de gens contraints de vivre dans la rue, pendant que vous réprimez des manifestations et criminalisez des personnes qui défendent les droits des migrants et des demandeurs d'asile", dénonce-t-elle.

"Vous voulez me donner une médaille pour des actions que vous combattez à l'intérieur de vos propres remparts. Je suis sûre que vous ne serez pas surprise de me voir refuser votre médaille Grand Vermeil", ajoute la capitaine du Sea Watch 3, semblant confondre les pouvoirs de l'Etat et ceux de la Ville.

La seconde capitaine, Carola Rackete, avait été arrêtée fin juin en Italie, avant d'être remise en liberté, pour avoir accosté de force dans l'île italienne de Lampedusa et fait débarquer les 40 migrants qui se trouvaient sur son bateau depuis plus de deux semaines. Un vaste mouvement de soutien s'était exprimé et quelque 1,4 million d'euros avaient été collectés en quelques jours via internet pour régler ses frais de justice et financer la poursuite des activités de l'ONG allemande. 

Pia Klemp, qui a également sauvé de nombreuses vies en Méditerranée, est, elle, toujours poursuivie par la justice italienne.

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