L'Italie évacue le centre d'accueil de réfugiés de Lampedusa après une polémique

Des migrants dans le centre de rétention de Lampedusa (Italie), le 4 octobre 2013.
Des migrants dans le centre de rétention de Lampedusa (Italie), le 4 octobre 2013. (ANTONIO PARRINELLO / REUTERS )

Une vidéo dénonçait des migrants traités "comme des animaux" et la Commission européenne avait qualifié leur traitement "d'épouvantable". 

Après la polémique sur les conditions d'hébergement des migrants de Lampedusa, le gouvernement italien a décidé de réagir. "D'ici la fin de la journée, le centre de Lampedusa sera vidé de ses quelque 200 immigrés", a déclaré, mardi 24 décembre, le vice-ministre de l'Intérieur, Filippo Bubbico.

"Un premier groupe de cent réfugiés est en train de quitter le centre pour être transféré par avion à Palerme. Un deuxième groupe partira dans l'après-midi avec un nouveau vol spécial", a confirmé Khalid Chaouki, député du Parti démocrate (PD) principal parti de la gauche, cité par les médias. Cet élu, d'origine marocaine, s'était "barricadé symboliquement", dimanche, dans le centre bondé de Lampedusa. Il affirmait qu'il y resterait tant que les migrants, qui y sont pour certains depuis des mois, ne seraient pas transférés ailleurs.

"Des traitements épouvantables"

Les conditions d'hébergement et la durée de leur séjour ont aussi suscité une protestation spectaculaire d'immigrés maghrébins qui se sont cousus la bouche, samedi, pour protester contre leur détention dans un Centre d'identification et d'expulsion (CIE).

Mercredi 18 décembre, la Commission européenne avait dénoncé les "traitements épouvantables" infligés aux migrants sur cette île italienne où accostent des dizaines de boat people par an, venus d'Afrique et notamment de Libye. Elle a même menacé Rome de sanctions après la publication d'une vidéo montrant des migrants "traités comme des animaux".

Le gouvernement envisage ainsi d'abaisser de 18 à 2 mois maximum la durée de séjour dans les CIE, d'augmenter le nombre de commissions régionales étudiant les demandes d'asile et de modifier la loi Bossi-Fini, qui considère l'immigration clandestine comme un délit passible de la prison.