L'Espagne propose d'accueillir le navire humanitaire "Open Arms", bloqué au large de l'Italie, l'ONG refuse

Le navire \"Open Arms\" au large de Lampedusa (Italie), le 17 août 2019.
Le navire "Open Arms" au large de Lampedusa (Italie), le 17 août 2019. (ALESSANDRO SERRANO / AFP)

Malgré un accord européen de répartition des personnes secourues au large de la Libye, l'Italie lui a interdit l'accès au port.

"La situation est hors de contrôle", selon l'ONG ProAtiva. L'Espagne a proposé, dimanche 18 août, d'accueillir le navire humanitaire Open Arms dans le port d'Algerisas, dans le sud du pays. Le bateau de l'ONG est en effet bloqué depuis deux semaines au large de l'île italienne de Lampedusa avec 107 migrants à bord. Mais l'Open Arms refuse l’offre espagnole, a appris franceinfo 

"Il y une urgence humanitaire et il faut débarquer les passagers de l’Open Arms", le plus rapidement, a déclaré la chargée de communication de l’ONG, contactée par le correspondant de Radio France à Madrid.

Cinq jours de navigation

Un peu plus tôt, le chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, "a ordonné aujourd'hui l'habilitation du port d'Algesiras pour recevoir le bateau Open Arms", en raison de "la situation d'urgence" à bord et face à "l'inconcevable décision des autorités italiennes de fermer tous ses ports".

Mais l'ONG estime que le porte proposé est bien trop éloigné au vu de la situation à bord. "Après 26 jours de mission, 17 personnes en attente avec 134 personnes à bord, une décision de justice en faveur et 6 pays prêts à accueillir, voulez-vous que nous fassions 950 milles, soit environ 5 jours de plus, pour vous rendre à Algésiras, le port le plus éloigné de la Méditerranée, avec une situation insoutenable à bord ?", a ajouté Ocsar Camps, le fondateur de l'ONG.

Des conditions de vie dégradées à bord

Malgré un accord européen de répartition des personnes secourues au large de la Libye, le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, a interdit l'accès au port au navire. A la demande du président du Conseil, Giuseppe Conte, le chef de file de la Ligue, parti d'extrême droite, a toutefois autorisé, samedi, le débarquement de 27 mineurs isolés.

La sécurité des passagers toujours à bord ne peut plus être garantie, a déclaré, samedi, l'ONG espagnole qui a affrété le navire. Les conditions de vie à bord se sont considérablement dégradées et des rixes opposent fréquemment les passagers excédés, souligne l'ONG.

Dimanche, l'association a publié une vidéo montrant des migrants tentant de rejoindre Lampedusa à la nage après avoir sauté de l'Open Arms. Au moins l'un d'eux a été rattrapé par des membres d'équipage.

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