Vous voulez venir en aide aux réfugiés ? Voici comment faire

Des migrants reçoivent de la nourriture distribuée par l\'association L\'auberge des migrants dans un camp de réfugiés, à Calais (Pas-de-Calais), le 8 août 2015.
Des migrants reçoivent de la nourriture distribuée par l'association L'auberge des migrants dans un camp de réfugiés, à Calais (Pas-de-Calais), le 8 août 2015. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Alors que la France a annoncé vouloir accueillir 24 000 réfugiés en deux ans, il existe déjà plusieurs manières de les aider concrètement.

Alors que des pays comme l'Allemagne se mobilisent massivement pour venir en aide aux réfugiés fuyant les zones de conflit, la France n'est pas en reste. François Hollande a ainsi annoncé lundi 7 septembre que 24 000 réfugiés seraient accueillis sur le sol français en deux ans. Mais il existe déjà plusieurs façons d'apporter une aide directe à ces hommes, ces femmes et ces enfants qui fuient la guerre.

Francetv info se penche sur les six meilleures attitudes à observer si l'on veut concrètement venir en aide aux réfugiés.

Contactez les associations

Tout d'abord, une chose à ne pas faire : se jeter sur le premier migrant venu pour le couvrir de vêtements et de nourriture. Le 1er septembre à Munich, où des centaines de migrants arrivaient en train, les dons n'ont cessé d'affluer à la gare, si bien que la police a été obligée de demander aux citoyens allemands d'arrêter de donner, comme l'explique The Independent (en anglais).

Mieux vaut donc vous tourner vers des professionnels de la prise en charge des migrants, ou au moins des ONG et associations dont c'est le quotidien. Elles seront à même de vous indiquer comment contribuer au mieux à l'amélioration du sort des réfugiés. On pense au HCR, l'agence des Nations unies pour les réfugiés, à France Terre d'asile et à Singa, qui travaillent sur l'intégration des migrants, au Secours populaire ou encore à la Croix-Rouge.

Mais de nombreuses autres structures se mobilisent dans le même sens partout en France. Libération recense sur une carte interactive les associations et ONG situées près de chez vous, avec leurs coordonnées.

Mettez de côté vêtements et poêles à frire

Si la vision des conditions de vie des réfugiés vous a poussé à déballer vos vieux cartons de vêtements, vous pouvez d'ores et déjà effectuer un tri. Comme le détaille L'Obs, qui relaie les besoins du Secours catholique de Calais, les associations accueilleront avec bonheur des vêtements pour hommes, notamment des baskets (du 41 au 43), des jeans et des vestes ou manteaux en tailles M et L, la très grande majorité des réfugiés étant adultes et de sexe masculin.

Vous serez également remerciés si vous fournissez des tentes, des lampes torches, des bougies, des sacs de voyage, ou encore... des poêles à frire. Sur Amazon, une "wishlist", liste d'objets que souhaiterait acquérir une ONG d'aide aux réfugiés de Calais, est disponible. A noter que cette liste a du être interrompue temporairement la semaine passée en raison d'un afflux trop important de dons.

En revanche, méfiez-vous des dons de nourriture et de médicaments, souvent périmés et inutiles, voire encombrants pour les associations, comme le souligne le Huffington Post. Là encore, avant de vous précipiter dans les bureaux d'une association avec vos cartons de victuailles sous le bras, contactez-la pour définir au mieux ses besoins.

Sortez votre portefeuille

Comme souvent, l'argent est le nerf de la guerre. Le HCR incite ainsi ceux qui veulent soutenir son action à faire un don, qui "aidera le HCR à sauver des vies et à protéger les familles qui ont été forcées de quitter leur foyer". Les ONG et institutions les plus connues possèdent toutes des plates-formes permettant d'effectuer des dons en ligne et détaillent précisément comment cet argent est utilisé. Pour être sûr que votre don va bien être exploité à des fins caritatives, vous pouvez vérifier que l'association destinataire est signataire de la charte du don en confiance.

Comme dans d'autres domaines, le crowdfunding est également une solution pour financer des projets d'aide aux réfugiés et aux civils victimes de conflits. Slate en a listé plusieurs, comme ce fonds créé à la mémoire du petit Aylan Kurdi, dont l'objectif est de financer l'association britannique Hand in hand for Syria, qui apporte de l'aide humanitaire aux civils syriens.

Devenez bénévole

Si vous n'avez ni argent ni matériel à offrir, votre temps sera lui aussi grandement apprécié par les associations. La plupart des sites d'ONG comportent une section "Devenir bénévole". Pas besoin de disposer de compétences ou de diplômes particuliers pour donner un coup de main.

En revanche, comme le souligne L'Obs, les associations qui assistent les réfugiés dans leurs démarches, comme France Terre d'asile ou la Cimade, recherchent des bénévoles aux profils particuliers : des interprètes en arabe, farsi, pachto, dari, tigrinya, amharique, et des bénévoles pour l'accompagnement social ou juridique.

De son côté, Médecins du monde lance un appel aux médecins généralistes du Nord qui voudraient faire profiter les réfugiés de Calais de leurs compétences.

Hébergez un réfugié

Dimanche 6 septembre, le pape François a incité chaque communauté catholique d'Europe à accueillir au moins une famille de réfugiés. De nombreux Européens n'ont pas attendu cet appel pour proposer d'héberger des migrants un peu partout sur le Vieux contient. En France, Metronews relève deux initiatives : CALM (pour "Comme à la maison"), lancée par l'association Singa, qui met en relation des réfugiés sans domicile et des hébergeurs bénévoles, comme le détaille Libération ; et Welcome en France, mis en place par le Service jésuite des réfugiés. 

Plusieurs communes ont choisi de mettre des logements à disposition. On devrait en connaître la liste le 12 septembre après que Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, en aura réuni les représentants.

Exprimez-vous

La prise de parole est une autre façon d'œuvrer en faveur de la cause des réfugiés, sujet qui devrait faire débat durant la campagne des élections régionales. A l'image de l'appel lancé par 66 personnalités, plusieurs pétitions en ligne, comme celles d'Avaaz et de Change.org, et plusieurs pages Facebook ont été ouvertes pour participer à l'élan de solidarité et faire pression sur le monde politique. C'est l'une d'entre elles, baptisée #PasEnNotreNom, qui a entraîné des rassemblements de milliers de personnes dans plusieurs villes de France.