VIDEO. Quand le jardin lyonnais d'Odile a servi de terre d'accueil à Mirwais, un réfugié afghan aux mains vertes

Odile a entretenu un petit paradis végétal pendant un demi-siècle. Et elle a pu compter sur les talents de jardinier d’un ex-combattant anti-talibans arrivé en France après un périple de 7 500 kilomètres... Extrait du magazine "13h15 le samedi".

"'La main verte', c'est des gens qui plantent ce qu'ils aiment", dit Odile qui a cultivé son jardin extraordinaire sur les hauteurs de Lyon pendant cinquante ans. A 80 ans, cette collectionneuse de roses développe une énergie hors norme pour entretenir cette splendeur ouverte au public. Et elle peut compter au quotidien sur une autre main verte qu’elle recherche souvent entre les massifs de fleurs et les arbres : Mirwais, arrivé en France il y a deux ans.

"De temps en temps, il disparaît car il sait que je l’appelle pour tout et n’importe quoi", reconnaît-elle avant de trouver le jeune homme, originaire d’Afghanistan, en train de planter des bulbes : "Je vous laisse faire…" Mirwais travaille à mi-temps dans le jardin d’Odile : "Je suis venu à pied et j’ai mis deux mois pour arriver ici, soit à peu près 7 500 kilomètres."

"Il sent l’esprit du jardin... Je voulais l'aider"

"J’étais militaire et on faisait des opérations contre les talibans et Daech, explique-t-il les mains dans la terre. Je ne pouvais pas continuer là-bas car il y avait des gens qui savaient que je travaillais pour le gouvernement…" Et il est depuis pour Odile quelqu’un d’important : "Mirwais, c’est vital. Sans lui, le jardin est terminé. Il sent l’esprit du jardin, a une sensibilité avec les plantes… et une mémoire d’éléphant !"

Quand Odile lui demande quel est le nom du végétal qu’elle lui montre, Mirwais, l’homme qui parle six ou sept langues, répond sans la moindre hésitation : "Magnolia grandiflora !" Un jour, elle lui a ouvert les portes de ce petit paradis vert : "Je voulais l’aider, lui. Et puis on dit qu’on est une terre d’accueil. Il faudrait savoir, quoi…" Le jardin est-il aussi une terre d’accueil ? "Oui, bien sûr…" affirme-t-elle.

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