VIDEO. Grèce : la détresse des migrants après l'incendie du camp de Moria, sur l'île de Lesbos

Plusieurs incendies ont ravagé ce camp où vivaient plus de 12 000 personnes en transit. Sur place, les associations sont désemparées, et peinent à apporter leur aide aux migrants une nouvelle fois déplacés.

Il ne reste plus grand-chose du camp de migrants de Moria, situé sur l'île grecque de Lesbos. Dans la nuit du 8 au 9 septembre, plusieurs incendies dont l'origine reste inconnue ont ravagé les préfabriqués et les campements qui accueillaient plus de 12 000 personnes en transit vers l'Europe. Les associations présentes sur le site sont désemparées, "mais ne sont pas surprises" a déclaré Giovanna Scaccabarozzi, employée de l'ONG Médecins sans frontières, pour qui ce camp était "une bombe à retardement".

Des centaines de familles campent sur les routes

Depuis 2015, Lesbos est sous tension. L'île, située à une quinzaine de kilomètres de la Turquie, a vu affluer des milliers de migrants venus d'Afrique ou du Moyen-Orient qui espèrent, en arrivant sur le sol grec, pouvoir gagner un autre pays d'Europe. Mais la situation ressemble davantage à une impasse pour ces populations. Le camp de Moria, le plus grand de l'île, accueillait avant l'incendie six fois plus de personnes qu'initialement prévu, dans des conditions insalubres.

Sans solution de relogement rapide, les résidents du camp dévasté se sont retrouvés à camper au bord des routes de l'île, où des travailleurs humanitaires tentent de leur distribuer eau et nourriture. Les autorités grecques estiment que la reconstruction du campement, largement assurée par les associations, pourrait prendre plusieurs semaines, ce qui n'a pas rassuré certains habitants excédés par ce nouvel épisode de la crise migratoire européenne.

Les associations craignent pour leur sécurité

"La situation est très instable, voire dangereuse", a déclaré à franceinfo un responsable de l'ONG britannique Better Days for Moria. Ce travailleur humanitaire préfère rester discret, pour éviter d'être reconnu et "harcelé" par des militants d'extrême droite. "Nous rencontrons parfois des points de contrôle sur les routes, mis en place par des habitants eux-mêmes, déplore-t-il. On nous accuse d'aider à l'invasion de l'Europe, alors que nous apportons juste le minimum vital pour ces personnes." En mars, des militants du parti d'extrême droite grec Aube dorée avaient empêché des migrants d'accoster sur l'île de Lesbos.

Une solution pourrait venir de l'Europe

Dans plusieurs villes d'Allemagne, comme à Berlin ou à Hambourg, des élus et des collectifs citoyens ont déclaré vouloir accueillir une partie des migrants de l'île. Le pays a par ailleurs proposé au reste de l'Union européenne une répartition équitable de ces milliers de personnes en transit. Ce partage de l'accueil pourrait figurer dans le prochain pacte pour la migration, que la Commission européenne doit présenter le 30 septembre.

Vous êtes à nouveau en ligne