VIDEO. Ce passeur de migrants nigérien accuse Emmanuel Macron de lui prendre son business

Face à la situation catastrophique des migrants en Libye, la France a décidé de repérer les candidats au droit d'asile sur le sol africain, en particulier au Niger. Dans cet extrait du magazine "Avenue de l'Europe", un ancien passeur s'indigne que le président Macron lui ait "pris son activité".

Aux portes du Sahara, au carrefour des routes caravanières, Agadez. Les touristes ont fui la région, devenue dangereuse. Les passeurs y avaient mis en place une juteuse activité : les migrants. Plus de 300 000 ont fait escale l'an dernier dans cette ville au nord du Niger, sur la route de la Libye puis de l'Europe. Extrait d'une enquête du magazine "Avenue de l'Europe".

Face à la situation catastrophique des migrants en Libye, la France a décidé de repérer les candidats au droit d'asile sur le sol africain, en particulier au Niger. Ils sont sélectionnés par le HCR (Haut Commissariat aux réfugiés). Selon la promesse du président Macron, 3 000 réfugiés seront accueillis en France (les premiers sont arrivés en décembre).

Cette nouvelle donne ne fait pas les affaires de cet ancien passeur. Jusqu'à l'an dernier, son business était très rentable : jusqu'à 6 000 euros par semaine. Bachir Hama avait toute une flotte de véhicules et de chauffeurs. 

"Macron est devenu un grand passeur"

Mais depuis la nouvelle loi adoptée sous la pression de l'Europe, le transport de migrants est assimilé à un trafic d'êtres humains et sévèrement réprimé. Bachir, qui ne veut pas "devenir rebelle à la loi", s'est reconverti (en entraîneur de foot). 

Aujourd'hui, l'ex-passeur mécontent accuse Emmanuel Macron de marcher sur ses plates-bandes. "Macron est devenu un grand passeur, explique-t-il, amer. En sélectionnant les gens pour les amener en Europe, il a pris notre activité. Nous, on n'est pas d'accord avec ça. C'est injuste."

 "Si vraiment il veut aider l'Afrique, ce n'est pas en sélectionnant les gens pour les amener en Europe. C'est pas ça, la solution, poursuit-il. La solution, c'est investir en Afrique. La solution, c'est de chercher du travail aux Africains."

Extrait du "Niger, le pari de la France", un reportage diffusé dans le magazine "Avenue de l'Europe" le 24 janvier 2018.

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