Un Britannique risque cinq ans de prison pour avoir tenté d'emmener en Angleterre une fillette afghane

Le 5 novembre 2015, dans la \"jungle\" de Calais (Pas-de-Calais).
Le 5 novembre 2015, dans la "jungle" de Calais (Pas-de-Calais). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Rob Lawrie doit être jugé à Boulogne-sur-Mer le 14 janvier. La petite Bahar, elle, est retournée dans "la jungle" de Calais. Des pétitions en ligne demandent à ce qu'il ne soit pas inquiété par la justice.

Ancien militaire devenu bénévole humanitaire, Rob Lawrie fait souvent la navette entre son domicile de Leeds, dans le nord de l'Angleterre, et la "jungle" de Calais, où survivent quelques milliers de migrants désireux de traverser la Manche. Dans sa camionnette, il ramène notamment des vêtements et de la nourriture. Un soir, il a tenté de faire traverser une fillette de 4 ans, après avoir été convaincu par le père de l'enfant de l'emmener retrouver de la famille déjà installée dans sa ville, à Leeds. Arrêté par la douane le 24 octobre, le bénévole risque désormais cinq ans de prison, a raconté Libération, samedi 7 novembre.

Relayée par les médias britanniques, l'histoire de cet homme et de la petite Bahar Ahmadi a provoqué une vague d'émotion : une pétition en ligne en sa faveur a reçu, lundi soir, près de 44 000 signatures (sur 45 000 espérées) au Royaume-Uni. Une autre pétition, lancée en France et destinée à la garde des Sceaux, Christiane Taubira, a quant à elle reçu près de 3 000 signatures, sur les 5 000 nécessaires. 

"Je me suis dit : 'Ce n'est pas une vie pour une enfant'"  

"[Le] père [de Bahar] m'a demandé plusieurs fois de la prendre avec moi et j'ai toujours refusé", a-t-il expliqué au micro de la BBC. "Et puis, lors de mon dernier passage, nous étions assis autour d’un feu de camp, Bahar était assise sur mes genoux et elle s’est pelotonnée contre moi et s’est endormie dans mes bras. C’était un de ces moments, et j’ai juste dit : 'Ce n’est pas une vie pour une enfant de 4 ans'. J’ai perdu toute rationalité, je savais ce que j’avais à faire." 

Dans Libération, qui cite l'article de la BBC, Rob Lawrie, 49 ans, reconnaît "une erreur. (...) Je ne dis pas : 'Hé, regardez-moi, je suis un héros'. Je dis : 'J’ai pris la mauvaise voie, trouvons la bonne'". 

"Ce que j'ai fait est à la fois illégal et vraiment stupide. Mais quand on voit comment ils vivent et qu'on se dit qu'à 30 km près, elle pourrait vivre dans une maison chaleureuse avec ses proches, eh bien, on agit", a-t-il encore expliqué à la chaîne ITV (lien en anglais).

Selon Le Monde.fr, Rob Lawrie doit être jugé à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), le 14 janvier. La petite Bahar, elle, est retournée dans "la jungle". 

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