VIDEO. "Ils sont des personnes comme vous et moi" : Carola Rackete, la capitaine qui se bat pour les migrants

BRUT

Elle a secouru de nombreux migrants en détresse en Méditerranée avec l'ONG Sea-Watch. Carola Rackete appelle la France à assumer sa responsabilité dans la crise migratoire.

Elle navigue depuis huit ans, après des études en sciences nautiques et en protection de l'environnement. Force de caractère, le regard franc. Carola Rackete est aujourd'hui le symbole d'une lutte contre les politiques anti-immigrations. Ancienne capitaine du Sea-Watch 3, le bateau qui sauve des embarcations de migrants en perdition dans la Méditerranée, elle somme sans vergogne la France de prendre ses responsabilités. À l'appui de son discours, elle pointe le passé colonial du pays dont les conséquences sont visibles aujourd'hui.

Prendre des mesures

Pas question pour celle que l'on surnomme "capitaine courage" de baisser les bras. Aussi, elle propose une série de mesures concrètes pour endiguer la crise. D'une part, elle assure que la coopération avec les gardes-côtes libyens doit cesser. "C'est un pays en guerre civile où ils font face à de nombreuses violations des droits humains." D'autre part, elle encourage à la mise en place d'une mission européenne pour sauver les personnes échouées aux frontières communes. Au demeurant, elle soutient la mise en place d'un système de distribution au sein des nations européennes pour la prise en charge concrète des migrants. "Le nombre de personnes qui arrivent (...) représente seulement 0,1 % de la population européenne. Nous pouvons les prendre en charge", assure Carola Rackete. 

Celle qui défie Matteo Salvini

Depuis l'arrivée au pouvoir de Matteo Salvini en 2018 en Italie, le travail des rares ONG encore en opération a pris un tour politique qu'elle assume pleinement. En juin 2019, après 17 jours d'errance en mer parce qu'aucun pays n'acceptait d'accueillir son navire, Carola Rackete a forcé l'entrée du port italien de Lampedusa pour débarquer la quarantaine de personnes qu'elle et son équipage avaient sauvés. Arrêtée par la police italienne dès son arrivée et placée en détention, elle a finalement été relaxée par la justice 4 jours plus tard. "Une grande partie de ça vient de la peur de l'inconnu", regrette-t-elle.

Regarder l'autre

Selon Carola Rackete, il y a des chiffres précis qui montrent que "dans les endroits où il y a beaucoup d'immigration, où de nombreuses personnes venant de pays différents vivent ensemble, on accepte très bien l'immigration."

Encourager les gens à rencontrer les migrants, à rencontrer les réfugiés, à leur poser des questions, à prendre contact avec eux sont autant de façons d'engendrer de la tolérance. "À partir du moment où on apprend à les connaître, où on commence à les regarder comme des êtres humains et où on écoute l'histoire de chacun, ils cessent d'être une menace."

Des députés LREM l'ont reçue, ce lundi 23 septembre dans l'amphithéâtre de la salle Colbert, à quelques pas de l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Un rendez-vous organisé par Aurélien Taché (LREM), l'une des figures de l'aile gauche d'Emmanuel Macron, qui avait pour but de traiter de l'immigration et de la politique migratoire de la France.

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