''Pourquoi continuer les sommets, les manifestations, les pétitions ?'' : Carola Rackete exhorte à désobéir pour agir contre le réchauffement climatique

Carole Rackete, le 10 novembre 2019.
Carole Rackete, le 10 novembre 2019. (DAVID YOUNG / DPA)

Icône du secours porté aux migrants en Méditerranée, la capitaine de navire allemande défend dans un livre paru cette semaine son engagement contre le réchauffement climatique et prône la désobéissance civile comme moyen d'action militante. 

Juin 2019. Sur le port de Lampedusa, le Sea Watch 3 vient d'accoster. Sa capitaine, Carola Rackete, est arrêtée. Ses dreadlocks et son calme imperturbable font le tour du monde. Un peu plus d'un an après cette action d'éclat, la capitaine de navire allemande de 32 ans était jeudi à Paris pour présenter son livre intitulé Il est temps d'agir, paru dans sa traduction française aux éditions L'Iconoclaste. Elle y expose son engagement contre le réchauffement climatique, et y défend la désobéissance civile comme moyen d'action militante. Les médias la décrivent en capitaine Courage qui a osé forcer le blocus italien et défier Matteo Salvini, pourtant le secours aux réfugiés n'est pas son combat principal.

Fascinée par les pôles

''Cela fait 9 ans que je travaille sur les cercles polaires, explique-t-elle. L'hiver dernier j'ai participé à une campagne de Greenpeace dans l'Antarctique, où on a mesuré des températures jamais atteintes, jusqu'à 18 degrés. Alors mon principal sujet, c'est clairement le climat et l'environnement.''

On retrouve à l'origine de sa vocation une fascination pour les pôles. Aussi, diplôme de navigation maritime en poche, Carola Rackete multiplie les missions scientifiques. Rien ne prédestinait cette jeune Allemande de Basse-Saxe, père ingénieur dans l'armement, mère comptable, à devenir militante écologiste.

À l'adolescence, je n'étais pas du tout impliquée. Ce sont mes voyages, la crise climatique en Arctique, la pauvreté en Amérique du Sud, qui m'ont incitée à agir.Carola Racketeà franceinfo

L'action radicale, la désobéissance civile, parce que les mobilisations traditionnelles ont échoué, selon elle. ''Le réchauffement climatique est connu depuis 50 ans et malgré les sommets internationaux, les manifestations, les pétitions, les émissions de gaz à effet de serre augmentent. Alors pourquoi continuer ?'' Voter ne suffit pas, exhorte la jeune femme, qui se défie des élites politiques et singulièrement du gouvernement allemand, seul pourtant en Europe à annoncer l'accueil de 1 500 migrants, rescapés du récent incendie du camp de Moria, sur l'île grecque de Lesbos.

''C'est ridicule, tempête-t-elle, quand vous voyez qu'une seule région allemande est d'accord pour en accueillir 2 000. Mais pourquoi donc n'en prendre que 1500 ! Avec toutes les initiatives des villes et des régions volontaires, on pourrait tous les accueillir...'' Carola Rackete porte en permanence autour du cou un petit pendentif représentant l'île de Lampedusa. Elle s'est éloignée de la Méditerranée, mais se dit prête à repartir. Son nom, en tout cas, reste sur la liste des contacts d'urgence des ONG.

Les combats de Carola Rackete : écoutez le reportage de Louise Bodet
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