Référendum en Hongrie : pour l'Institut Jacques Delors, "le flux des demandeurs a été extrêmement réduit"

Le premier ministre hongrois Viktor Orban vote au référendum contre les quotas de migrants imposés par l\'Union européenne, le 2 octobre 2016.
Le premier ministre hongrois Viktor Orban vote au référendum contre les quotas de migrants imposés par l'Union européenne, le 2 octobre 2016. (ARPAD KURUCZ / ANADOLU AGENCY)

La Hongrie est censée se prononcer sur l'accueil des migrants imposé par l'UE. Une initiative du premier ministre conservateur Viktor Orban, alors que "la question se pose avec beaucoup moins d'acuité" selon Yves Bertoncini, le directeur de l'Institut Jacques Delors.

Les électeurs hongrois doivent se prononcer dimanche 2 octobre par référendum sur les quotas de migrants, fixés par l'Union européenne, que doit accueillir la Hongrie. Le gouvernement conservateur de Viktor Orban refuse ces quotas et appelle la population à se prononcer contre la décision de Bruxelles.

"Ce référendum hongrois arrive à un moment où la question se pose avec beaucoup moins d'acuité", a expliqué ce dimanche sur franceinfo Yves Bertoncini, le directeur de l'Institut Jacques Delors.

"Les Européens ont tardé à prendre le problème à bras le corps et à agir à la source, en essayant d'éteindre les causes de ces mouvements migratoires. Ce qui a fait dégénérer cette crise migratoire, c'est qu'il y avait un clivage au sein de l'Europe, entre ceux qui pensent que les demandeurs d'asile sont victimes et ceux qui pensent que ce sont des menaces. Aujourd'hui, le flux des demandeurs a été extrêmement réduit par rapport à la même époque de l'an dernier."

Trois fois plus de demandes d'asile que la France

En 2015, la Hongrie a reçu beaucoup de migrants sur son sol. Au moins 400 000 à 600 000 migrants ont traversé le pays. "Parmi ces migrants, près de 175 000 ont fait une demande d'asile en Hongrie. Le pays a reçu beaucoup plus de demandes d'asile que la France : près de trois fois plus alors qu'elle est six fois moins peuplée."

Ce flux de migrants "réactive un complexe vis-à-vis des migrants venant du sud", analyse Yves Bertoncini. "L'empire austro-hongrois a lutté contre l'invasion ottomane au cours des siècles. Ces pays ont été coupés de toute arrivée de migrants pendant la guerre froide. Là, il y a un trouble identitaire qui s'exprime dans les pays d'Europe centrale et orientale."

"Le flux des demandeurs a été extrêmement réduit" (Yves Bertoncini, Institut Jacques Delors)
--'--
--'--

Vous êtes à nouveau en ligne