"On cherche à susciter des émotions" : la Croix-Rouge de Vendée se défend de faire du business autour des migrants

L\'affiche de l\'événement prévu par la Croix-Rouge française pour la Jeunesse de Vendée le 25 mai prochain.
L'affiche de l'événement prévu par la Croix-Rouge française pour la Jeunesse de Vendée le 25 mai prochain. (CAPTURE ECRAN SUR VENDEE-TOURISME)

Les associations humanitaires se disent choquées par un jeu qui souhaite sensibiliser au quotidien des migrants. Pour la Croix-Rouge, il s'agit de "travailler sur les émotions et l'empathie".

Se mettre dans la peau d'un migrant le temps d'une journée. C'est l'événement prévu par la Croix-Rouge française pour la Jeunesse de Vendée le 25 mai prochain. L'affiche de l'événement promet "une simulation grandeur nature" dans une forêt de Mervent. L'objectif est de sensibiliser la population au quotidien des personnes migrantes.

On peut jouer à ce que l'on veut, mais cela ne me parait pas sain.Eric Pliez
directeur de l'association Aurore
à franceinfo

L'initiative fait polémique sur les réseaux sociaux depuis jeudi 25 avril, mais aussi dans le milieu associatif d'aide aux migrants. "Le participant moyen à cette initiative n'a pas fait le tour du monde, n'a pas pris le bateau pour traverser la Méditerranée, n'a pas vu des gens mourir autour de lui, ce qu'a pu faire le jeune migrant qui arrive d'Afghanistan", explique Eric Pliez, directeur de l'association d'aide aux migrants Aurore.

L'animation choque d'autant plus qu'elle a été proposée sur le site internet de Vendée Tourisme. "Si on pousse la logique un peu plus loin, on pourrait imaginer des parcs d'attraction autour de la thématique 'Vis la vie d'un migrant'," renchérit Elsa Lauga Moulédous. Pour la coordinatrice nationale des actions de sensibilisation de La Cimade le côté jeu va trop loin : "Est-ce que véritablement on peut faire du business ou du tourisme autour de vécus souvent traumatiques ? Non."

Une démarche pédagogique

De son côté, la Croix-Rouge promet une démarche pédagogique pour déconstruire les préjugés. "Ce que l'on cherche à faire c'est susciter des émotions qui permette ensuite de créer un défi pour comprendre l'autre. L'idée est vraiment de travailler sur les émotions et l'empathie", explique Florent Clouet.

Selon le chargé de la coordination migration à la Croix-Rouge, "les sensibilisations basées sur les faits n'ont pas du tout le même impact en termes de changement des mentalités". Persuadée de l'intérêt de l'animation, la Croix-Rouge a décidé de la maintenir, mais la communication autour de l'événement a été revue et l'annonce supprimée du site de tourisme.

Reportage de Marine Protais
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