Migrants : trois passeurs condamnés pour avoir organisé des traversées de la Manche

Trois migrants tentent de traverser la Manche, le 4 août 2018, au large de Calais (Pas-de-Calais).
Trois migrants tentent de traverser la Manche, le 4 août 2018, au large de Calais (Pas-de-Calais). (AFP)

L'un des prévenus, un Irakien de 32 ans, considéré par le parquet comme le chef de ces passeurs, a écopé de dix-huit mois de prison ferme.

Ils sont désormais interdits de territoire français. Trois hommes ont été condamnés, vendredi 1er mars, à des peines allant d'un an à dix-huit mois de prison ferme par le tribunal de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), pour avoir organisé des départs de migrants vers la Grande-Bretagne au moyen d'embarcations de fortune.

L'un des prévenus, un Irakien de 32 ans, considéré par le parquet comme le chef de ces passeurs, a écopé de dix-huit mois de prison ferme. Les deux autres, un Iranien de 30 ans et un Irakien de 39 ans, ont tous deux été condamnés à un an de prison. L'enquête a permis d'évaluer leur implication dans l'organisation de sept traversées de la Manche, au départ des plages de Calais, Sangatte, Wissant et Audinghen, dans le Pas-de-Calais.

Des versions différentes

L'enquête, menée par la police aux frontières de Coquelles, a débuté grâce à un signalement. Fin décembre 2018, le gérant d'un magasin spécialisé dans la vente de matériel nautique renseigne les policiers sur des achats suspects de bateaux pneumatiques. Il fournit la plaque d'immatriculation et les numéros de téléphone des deux Irakiens.

Après une filature, les deux hommes sont interpellés le 15 janvier à Blériot-Plage. Identifié grâce à des écoutes téléphoniques, le troisième individu est également arrêté. Placés en garde à vue, ils adoptent des versions différentes. L'un d'eux a reconnu une implication dans l'activité d'un réseau de passeurs. Les deux autres ont indiqué "vouloir simplement rejoindre l'Angleterre".

La notion de bande organisée finalement écartée

"Les prévenus ne sont pas des passeurs d'un jour. Il s'agit d'une bande organisée", a estimé vendredi la procureure de la République, Camille Gourlin. Alors que le trentenaire iranien possédait plusieurs photos de moteurs de bateaux dans son portable, le téléphone de l'un des deux Irakiens bornait régulièrement près du magasin d'articles nautiques.

A la barre, l'homme a lui indiqué avoir voulu "aider des amis à acheter des bateaux", parce qu'il était le seul à parler anglais. Au terme de deux heures de débats, le tribunal a finalement décidé d'écarter la notion de bande organisée.

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